Mois : octobre 2016

Budget 2017 : les Républicains dénoncent les « fourberies de Sapin »

Guillaume Peltier, le porte-parole du parti Les Républciains a fustigé, lundi 31 octobre, les « clowneries » de l’exécutif et les « fourberies de Sapin ». Un jeu de mots sur le ministre de l’Économie et en référence à la pièce de Molière, suscité par l’adoption, à l’Assemblée nationale, de la partie recettes du budget 2017. Cette touche d’humour a aussi permis au représentant LR de critiquer le travail du gouvernement sur le financement de la Sécurité sociale.

« Le ministre de l’Économie nous a annoncé un rééquilibrage des comptes maquillé, oubliant de dire que la principale source de recettes supplémentaires provenait de la courageuse réforme des retraites portée par Nicolas Sarkozy et Éric Woerth en 2010 », a ainsi affirmé Guillaume Peltier, lors d’un point presse. « Ce budget est insincère, totalement improvisé, absolument décadent. Les Français n’en peuvent plus de ces clowneries. »

François Hollande, un « David Copperfield du chômage »

Évoquant les chiffres du chômage, Guillaume Peltier, décidément très en verve, a aussi comparé François Hollande à « un David Copperfield du chômage puisqu’il a la capacité de faire disparaître des chômeurs d’un mois à l’autre ». Le porte-parole LR a rappelé « les propositions des Républicains bien plus audacieuses, courageuses et nécessaires » : réforme de l’Assurance maladie « avec un peu plus de 30 milliards d’économies », « 15 milliards d’économies sur la question des retraites », dégressivité des allocations chômage et suppression de l’Aide médicale de l’État.

L’Assemblée nationale a adopté mardi 25 octobre la partie recettes du budget 2017 avec sa baisse d’impôts, avant de passer au budget de la Sécurité sociale. Ce dernier sera soumis au vote des députés mercredi. Il promet la fin du célèbre « trou » de la sécu et devrait être adopté assez largement, malgré l’opposition des députés LR, UDI et du Front de gauche.

Alstom : des élus de Belfort rappellent à l’ordre la direction

Moins d’un mois après l’accord trouvé entre la direction d’Alstom et l’État pour sauver le site de Belfort, des voix s’élèvent déjà pour pointer des failles. Des élus belfortains reprochent ce samedi à la direction d’Alstom de « dénaturer » les engagements pris début octobre et demandent au gouvernement de les faire respecter. « Le 4 octobre dernier, dans le cadre d’une déclaration commune avec l’État, l’engagement avait été pris par Alstom d’investir 30 millions d’euros dans le programme de développement des locomotives de manœuvre de la gamme H4 à motorisation diesel », expliquent le maire de Belfort, Damien Meslot, le président du Conseil départemental, Florian Bouquet, et le sénateur Cédric Perrin, tous les trois du parti Les Républicains, dans un communiqué.

« Or, aujourd’hui Monsieur Eyméoud (Jean-Baptiste Eyméoud, directeur général France d’Alstom, NDLR) dénature cet engagement en affirmant que cet investissement est en fait déjà inclus dans un programme destiné aux chemins de fer suisses », poursuivent-ils, demandant au secrétaire d’État à l’Industrie de s’assurer que « les obligations auxquelles les parties se sont astreintes soient respectées ».

Les syndicats « floués »

Vendredi, André Fages, délégué syndical CFE-CGC d’Alstom Belfort, avait également indiqué à l’Agence France-Presse que les syndicats se sentaient « floués » par la manière dont la direction entendait appliquer l’accord annoncé début octobre, après la tenue jeudi d’un comité central d’établissement à Paris. Une porte-parole d’Alstom a assuré samedi que ces 30 millions d’euros serviraient « comme prévu à développer la plateforme de locomotives hybrides Prima H4 ». « Dans le plan de l’État, il y a un contrat pour les locomotives de manœuvre et de fret de ce type », a-t-elle ajouté. « L’objectif est le développement de différentes versions de la Prima H4 pour les chemins de fer suisses et les futurs clients », a-t-elle encore dit.

Invoquant un calendrier de commandes insuffisant, la direction du groupe ferroviaire français avait annoncé en septembre son intention de transférer la production de Belfort sur un autre site, provoquant une levée de boucliers chez les salariés comme des élus locaux et du gouvernement, qui détient 20% des voix au conseil d’administration d’Alstom. Le 4 octobre, le gouvernement avait annoncé plusieurs centaines de millions d’euros de commandes de trains et de locomotives pour Alstom. De son côté, le groupe s’était engagé à investir à moyen terme dans son usine de Belfort et à diversifier ses activités, avec notamment des bus électriques.

Nouailhac – Les frondeurs, ces pompiers pyromanes…

D’étranges débats se sont tenus l’autre jour, ou plutôt l’autre nuit, à Paris, dans un pays majeur du monde civilisé et dans un hémicycle quasiment vide de l’Assemblée nationale. On se serait cru par moments à Caracas, à l’Asamblea Nacional de la República Bolivariana de Venezuela, un pays mineur mangé par les mythes du pire dogmatisme. Pendant quelques heures, en séance de nuit, un commando de frondeurs parfaitement organisé dans une implacable volonté de mettre à genoux le Parti socialiste, coupable des pires extrémités « sociales-libérales », et d’en humilier les représentants officiels, s’est acharné à détourner à son profit plusieurs des principaux dispositifs du projet de budget 2017. Et le plus grave, c’est qu’ils ont réussi.

Dans l’hémicycle, une soixantaine de députés seulement sont présents pendant cette nuit du 19 au 20 octobre. Les bancs loyalistes du PS sont vides face à un bloc d’une vingtaine de frondeurs énervés venus pour en découdre. Le ministre Michel Sapin et son adjoint Christian Eckert représentent le gouvernement. Ils vont passer une très mauvaise nuit face à un chef frondeur, Pascal Cherki, néo-député PS depuis 2012, membre de la commission des Finances, un acharné – son ennemi intime, c’est la finance –, assoiffé de taxes et de réglementations contraignantes contre les patrons honnis et face à deux jeunes femmes très complices et très accrocheuses, Valérie Rabault et Karine Berger.

Sapin et Eckert, un duo impuissant

Le président du groupe socialiste, Bruno Le Roux, est à sa place habituelle, mais restera silencieux pendant toute la séance tandis que, de son côté, le « gardien » du groupe socialiste pour la soirée, Dominique Lefebvre, sera totalement impuissant devant les charges des frondeurs. Résultat : de nouveaux prélèvements fiscaux de plusieurs milliards d’euros. Donc plusieurs milliards de charges supplémentaires pour des entreprises encore plus surtaxées, corsetées, laminées et même vilipendées au passage, dans une grande foire nocturne anticapitaliste et antilibérale telle qu’on ne peut en trouver qu’au Venezuela… ou en France !

Le plus incroyable dans l’histoire, c’est que les deux ministres et le président du groupe socialiste à l’Assemblée n’ont même pas cherché à rameuter des troupes de députés à l’extérieur de l’Assemblée pour éviter la casse. Ils sont restés passifs, comme engourdis et abasourdis, accablés par le climat ambiant de révolte contre le gouvernement et contre sa « trahison » des « vraies valeurs de la gauche ». Ils étaient des cibles et n’ont pas su ou pas voulu éviter les coups de poignard dans le dos de la part de leur virulente opposition interne. Et, comme de bien entendu, les quelques députés écologistes et communistes présents ont appuyé les frondeurs du PS chaque fois qu’il s’est agi de bastonner les entreprises et leurs dirigeants.

Pour commencer, nos frondeurs et leurs complices ont élargi la taxe sur les transactions financières (TTF) aux transactions intrajournalières, dites « intra-days », ce qui est considéré comme pure folie à la Bourse de Paris, et ils ont carrément augmenté de 50 % le taux de cette TTF, la portant de 0,2 % à 0,3 %. Résultat : un gain fiscal espéré de plusieurs milliards d’euros sur le dos des clients de la Bourse.

Ensuite, ils ont obtenu que la baisse des impôts de 33,3 % à 28 % sur les entreprises, prévue par le gouvernement, soit décalée de deux à trois ans pour les grandes entreprises, afin que les PME puissent profiter en priorité et plus rapidement d’un taux d’IS réduit à 15 %. Le frondeur Pascal Cherki, faussement intéressé, demandant en séance à l’équipe Sapin « le coût de cette mesure », n’aura pas obtenu de réponse et d’ailleurs il n’en attendait pas, l’addition devant être assumée par la future majorité…

Enfin, ils ont mis un grand coup de cutter dans l’une des dispositions les plus intelligentes de la loi Macron, cette fiscalité adoucie pour la distribution d’actions gratuites à des dirigeants méritants. Les frondeurs, dans leur grande mansuétude, veulent bien admettre que l’on ne taxe pas trop les détenteurs d’actions gratuites dans les PME et les start-up, mais ils ne supportent pas, mais alors pas du tout, que les plus grandes entreprises puissent également en profiter. Leur ennemi : « le grand capital », comme à l’époque de Georges Marchais ! Leur principe : opposer les pauvres et courageux petits patrons aux riches et méchants PDG du CAC 40.

Hold-up fiscal

Contre l’avis du duo impuissant Sapin-Eckert, Valérie Rabault obtient que les plus-values réalisées lors de la session de ces actions gratuites soient fiscalisées comme des salaires et non comme des cessions mobilières, ce qui avait été mis en place par la loi Macron. Il s’agit là d’un véritable hold-up fiscal digne du dictateur vénézuélien, le primate rouge Nicolás Maduro. Et tant qu’on y est, la contribution patronale est portée de 20 % à 30 %. Une usine à gaz de plus, et « une approche idéologique de la fiscalité », selon l’association d’entrepreneurs CroissancePlus. « Les députés vont lourdement pénaliser l’actionnariat salarié », ajoutera Geoffroy Roux de Bézieux, du Medef. Quant aux « Pigeons » qui ont déjà levé l’étendard de la colère sur ce problème, ils sont furieux et ont décidé de le faire savoir bientôt.

Lors du vote de la partie recettes de ce budget 2017 en première lecture à l’Assemblée, le 25 octobre, les amendements obtenus à l’arraché par les frondeurs du PS, leurs amis d’extrême gauche et leurs alliés de circonstance, seront repris et votés intégralement, à un ou deux détails près. S’y ajouteront quelques autres dispositions électoralistes et coûteuses comme une aide au développement augmentée de près de 300 millions d’euros, une nouvelle baisse de 1 milliard d’impôts sur le revenu applicable à 5 millions de foyers et quelques bonbons fiscaux : une exonération d’impôts sur le revenu des primes reçues par les champions français médaillés aux Jeux olympiques et une autre exonération pour les indemnités des quelque 10 000 militaires mobilisés dans l’opération Sentinelle.

La décomposition du Parti socialiste n’a pas fini de faire des vagues au détriment de l’économie générale du pays. Les choses peuvent encore bouger jusqu’à la promulgation de la loi de finances fin décembre, si le gouvernement décide d’affronter ses dissidents de l’ultragauche. Il peut également revenir en arrière en deuxième lecture après l’aller et retour au Sénat. Il peut toujours espérer enfin une éventuelle censure du Conseil constitutionnel. En attendant, cette folle nuit de débauches du 19 au 20 octobre aura généré un coût exorbitant à cause de députés irresponsables qui ont confondu l’Assemblée nationale avec une boîte de nuit en open-bar. Pas de quoi être fiers du modèle démocratique français…

Calais, Ségolène Royal, policiers : Manuel Valls prend la parole

Manuel Valls était ce mercredi l’invité de France Inter. Il s’est exprimé sur de nombreux sujets comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la candidature de François Hollande à la prochaine élection ou bien encore la crise au sein de la police.

Hollande candidat ?

Pour le Premier ministre, le choix du président François Hollande d’être candidat à sa succession l’an prochain est « une décision intime » et il doit « tenir compte de la situation ». Le chef de l’Etat est-il le candidat naturel de la gauche pour la présidentielle de 2017 ? « Ça dépend de sa décision. (…) C’est une décision intime, il doit tenir compte de la situation, il doit donner un sens à ce que pourraient être sa candidature et un nouveau quinquennat », a déclaré le Premier ministre. Comment réagit-il quand il entend certains, à gauche, dire qu’il peut être une alternative à François Hollande? « Tout ça, je l’entends. (…) Moi, je (ne vais pas) rajouter par mes mots, par mes commentaires (…), de la crise. Chacun d’entre nous doit parler et agir en tenant compte de ces deux éléments : comment rassembler la gauche ? Comment lui redonner de l’espoir en étant en même temps fier du bilan et en éclairant l’avenir ? » a-t-il souligné. Alors qu’il égrenait toutes ses priorités et celles de l’exécutif, le journaliste lui a fait remarquer que cela dessinait un programme pour les années à venir. « Tout cela dessine, oui, bien sûr un projet pour la France qui doit être celui de la gauche, mais la gauche, si elle commence uniquement en disant, dans les prochains jours, qui doit être écarté ou qui doit prendre la place de qui, elle va se tromper », a-t-il répondu. « Donc, notre responsabilité collective, c’est de réfléchir à cette situation et de trouver, bien sûr, la bonne solution », a insisté Manuel Valls.

Et Calais ?

Également interrogé sur le démantèlement très attendu de la « jungle », le Premier ministre a estimé : « Ce qui est en train de se passer à Calais, c’est un beau visage de la France. » L’évacuation du plus grand bidonville du pays, rebaptisée « opération humanitaire » par Manuel Valls, « est menée en tenant compte d’hommes et de femmes qui fuient la guerre et qui demandent l’asile », mais elle est aussi « menée avec fermeté », a-t-il expliqué.

Une vision qui n’est pas partagée par la présidente de l’ONG Save The Children : « C’est effrayant pour les enfants, qui voient arriver les bulldozers où ils ont vécu des semaines, voire des mois pour certains », a affirmé Carolyn Miles, présidente et directrice générale de l’ONG, lors d’un gala de soutien qui se tenait à New York. Estimant à plus d’un millier le nombre d’enfants en détresse dans la « jungle » de Calais, Save The Children avait déjà appelé les autorités françaises à suspendre les opérations de démantèlement. Tout en soulignant que le Royaume-Uni et la France attachaient une attention soutenue au sort des mineurs esseulés, Carolyn Miles a appelé les deux gouvernements à redoubler d’efforts en particulier pour les enfants qui ne seraient pas admis à gagner le Royaume-Uni. « Il est très important, surtout au moment où la situation devient un peu chaotique, que nous préservions la sécurité des enfants et leur procurions toutes les opportunités qu’ils méritent pour aller de l’avant », a assuré la directrice de Save The Children.

Le cas Ségolène Royal

Manuel Valls a affirmé que la parole de Ségolène Royal qui continue d’exprimer son opposition à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avait affaibli « l’autorité de l’État ». À la question « La parole de Ségolène Royal affaiblit-elle l’autorité de l’État ? », le Premier ministre a répondu : « Oui. Bien sûr, quand on s’exprime, et ce n’est pas n’importe quelle personnalité, Ségolène Royal. » Il a assuré respecter la parole de sa ministre de l’Environnement, mais a souligné qu’il fallait aussi « respecter la parole de l’État ». Il a aussi répété sa détermination à évacuer « progressivement » le site de Notre-Dame-des-Landes « à partir de cet automne ». « Cela se fera »,a assuré le Premier ministre.

La police en crise

Manuel Valls s’est également déclaré « évidemment choqué » par les manifestations des policiers, mais a assuré qu’il fallait « entendre les forces de l’ordre ». « Je suis évidemment choqué, et le ministre de l’Intérieur a déjà eu l’occasion de le rappeler, il y a des manifestations, quand on utilise les voitures, les gyrophares, des manifestations cagoulées, cela est évidemment contraire aux règles de la police », a affirmé le Premier ministre alors que François Hollande reçoit mercredi les syndicats de policiers, dix jours après le début du mouvement de colère. Parmi les questions qui seront abordées lors de la rencontre à l’Élysée, Manuel Valls a évoqué « les missions », « les moyens », « la revalorisation des carrières », « les conditions de légitime défense » et « la réponse pénale ». « Il faut entendre les forces de l’ordre, qui ont un soutien fort des Français », a-t-il dit. « Le ministre de l’Intérieur (…) est tous les jours à leur côté. (…) Il apaise, il dialogue », a souligné Manuel Valls, estimant qu’« il faut agir avec maîtrise, à l’écoute, et trouver des solutions ». Y aura-t-il des sanctions ? « Si on commence à dire qu’il y aura des sanctions, curieuse politique du dialogue », a répondu le Premier ministre, assurant que « l’autorité, elle s’exerce, là, pleinement ».

Macron meilleur président que Hollande et Le Pen, mais moins bon que Juppé

Alors qu’il existe de moins en moins de doutes sur ses intentions pour 2017, Emmanuel Macron continue d’engranger les bons sondages. Près de 6 Français sur 10 (59 %) estiment qu’Emmanuel Macron ferait un meilleur président de la République que François Hollande, mais jugent que l’ancien ministre de l’Économie serait moins bon que Manuel Valls ou Alain Juppé, selon un sondage Elabe pour L’Express publié mardi.

Outre François Hollande, Emmanuel Macron devance dans ce sondage Marine Le Pen (56 %), Jean-Luc Mélenchon (54 %), mais aussi Nicolas Sarkozy (52 %). En revanche, face à Manuel Valls, le leader du mouvement En marche ! ne recueille que 47 % d’opinions favorables et surtout seuls 36 % des sondés estiment qu’il ferait un meilleur président qu’Alain Juppé.

Du sang neuf

« Signe du trouble qui saisit les sympathisants du Parti socialiste en cette fin de mandat pour François Hollande, 50 % estiment qu’Emmanuel Macron ferait un meilleur président de la République que l’actuel chef de l’État », note Elabe. Sans surprise, Emmanuel Macron séduit par le « sang neuf » qu’il apporte en politique, sa « volonté réformatrice » et sa volonté de « dépasser les clivages gauche-droite ». Ainsi, 38 % des personnes interrogées ne le situent « ni à gauche, ni au centre, ni à droite », 31 % « au centre », 19 % « plutôt à droite » et 12 % « plutôt à gauche ». Mais l’ancien ministre de l’Économie pèche par l’absence de programme connu des Français et par son manque d’expérience politique.

Sondage réalisé en ligne du 21 au 23 octobre auprès d’un échantillon de 990 personnes de 18 ans et plus représentatif de la population française, selon la méthode des quotas.

À Tours, Manuel Valls veut rassembler une gauche presque « pulvérisée »

Dans un contexte d’incertitude autour de la candidature de François Hollande à l’élection présidentielle, Manuel Valls a livré samedi devant un parterre d’environ 200 militants à Tours un message de main tendue à toute sa « famille politique ». Brandissant la menace d’une gauche « pulvérisée » à la présidentielle, le Premier ministre a repris sa posture de chef de file, se disant « fier » du bilan gouvernemental, avec un appel au rassemblement lancé à Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron. Pourtant, il y a huit mois, Manuel Valls avait fait le constat froid de « positions irréconciliables à gauche », enterrant alors une grande primaire de rassemblement de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron.

Samedi, en clôture d’un déplacement en Indre-et-Loire, le Premier ministre a encore reconnu « des frondes, des refus ». « Je sais que les socialistes sont toujours là pour le rappeler, qu’il y a eu des échecs », a-t-il aussi lancé. Mais il a aussi prononcé un vibrant plaidoyer pour l’unité au sein de « la gauche qui assume les responsabilités au pouvoir », sous peine d' »être pulvérisée, emportée par l’ambiance actuelle, faite de divisions, de luttes d’égos, de règlements de compte ».

« Rien n’est acquis »

« Aujourd’hui, mon rôle c’est de rassembler », a martelé le Premier ministre, en s’adressant directement à quatre anciens ministres démissionnaires qui portent depuis plusieurs mois une voix discordante et savent se montrer virulents, à différents degrés, envers Manuel Valls. « Je demande à Arnaud (Montebourg), Emmanuel (Macron), Benoît (Hamon), Aurélie (Filippetti): qu’est-ce qui nous sépare ? », s’est interrogé Manuel Valls, tout en disant « assumer » les « débats » et les « désaccords ». Il a préféré insister sur le positif. « Qu’est ce qui nous rapproche d’abord? D’avoir gouverné ensemble dans l’intérêt du pays et de partager des combats pour l’égalité (…) et des valeurs, celles de la République », a-t-il énuméré, traçant ainsi une voie pour le rapprochement.

Pour donner du poids à son message, Manuel Valls, chaleureusement applaudi, a souligné le risque d’une absence de la gauche au deuxième tour de l’élection présidentielle. « Rien n’est acquis. C’est même le contraire, soyons lucides, qui nous est promis », a-t-il jugé, appelant à « réagir maintenant pour ne pas mourir demain », « pour ne pas vivre avec la honte de la défaite et de l’humilitation ». Surtout, lui qui souffre d’une image clivante, a soigné son profil d’homme de gauche, en décrétant « l’offensive » pour « garantir » le modèle social et en envoyant un signal à « ceux qui souffrent de ne pas avoir le bon profil, les bons codes, les bons réseaux ».

Soutien aux policiers

Il s’est aussi fendu d’un hommage appuyé aux « policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers », dans un geste marqué d’apaisement après cinq jours de manifestations des policiers. Plus généralement, Manuel Valls a loué les mérites de « la colonne vertébrale » de la France, à savoir « la fonction publique » qui sera « le grand chantier du prochain quinquennat ». Il a salué « en particulier les syndicats qui ne choisissent jamais la facilité (…) et oeuvrent sans relâche pour des compromis intelligents ». Il a promis en outre de « nouvelles protections », comme sa proposition de « revenu universel »: « une aide unique, fusionnant les minima, et garantie à tous les Français qui en ont besoin », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre s’est enfin évertué à défendre le bilan du quinquennat, évoquant tour à tour le « rétablissement de l’autorité de l’État », la création de « 60 000 postes d’enseignants », mais aussi la « baisse » revendiquée du chômage ou la hausse du pouvoir d’achat pour « près de 500 000 retraités ». Sans négliger de reconnaître à plusieurs reprises des « erreurs », comme dans la présentation de la loi Travail. Un vaste exercice consensuel qui dessine plus nettement son profil de recours à gauche alors que François Hollande traverse une difficile zone de turbulences depuis la publication du livre « Un président ne devrait pas dire ça ». « Vous me connaissez, avec mon caractère, mes qualités, mes défauts, ma liberté de ton », a souligné, sourire aux lèvres, Manuel Valls. « J’ai été parfois lanceur d’alerte (…). Mais j’ai toujours respecté ma famille politique, je ne l’ai jamais reniée », a-t-il tenu à rappeler, solennel.

À la une ce jeudi 20 octobre…

International – Ouverture par François Hollande de la réunion de haut niveau pour la stabilisation de Mossoul, suivie à 12 h30 par une conférence de presse de Jean-Marc Ayrault. La situation se complique à Mossoul. Des chefs djihadistes ont quitté la ville de Mossoul ciblée par une offensive des forces irakiennes, et ce sont surtout des djihadistes étrangers de l’Etat islamique qui défendront la place, affirme un général américain de la coalition internationale. Près de Mossoul, les forces gouvernementales irakiennes tentent de reprendre la plus grande ville chrétienne d’Irak, Qaraqosh.

Politique – Déplacement de Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, pour rencontrer des étudiants qui ont quitté le campement de la Lande à Calais, le mardi 18 octobre, pour rejoindre le campus universitaire scientifique de Villeneuve-d’Ascq.

Etats-Unis – Lendemain de débat entre Hillary Clinton et Donald Trump abordé par la première encouragée par les sondages, par le second en position de faiblesse. Hillary Clinton prend de l’avance dans les sondages à moins d’un mois de l’élection.

Brexit – Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, qui doivent notamment discuter des relations avec la Russie et du conflit syrien. La nouvelle Première ministre britannique Theresa May doit également s’exprimer pour la première fois devant ses collègues depuis le vote pour le Brexit.

Justice – Procès de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, poursuivi pour injures raciales, messages malveillants et harcèlement sur un mannequin.

Hollande, Macron, Fillon, Sarkozy… Le show Luchini

Recevoir Fabrice Luchini, c’est être assuré d’un spectacle. Et d’un carton d’audience. Venu promouvoir son spectacle Poésie ? dans l’émission de Laurent RuquierOn n’est pas couché, le comédien a de nouveau été incontrôlable, multipliant les digressions, fustigeant l’époque et évoquant ses relations avec les politiques.

Hollande ? « Craquant »

Dans son spectacle, Fabrice Luchini évoque à plusieurs reprises ses rencontres avec François Hollande. Alors que Gérard Davet et Fabrice Lhomme venaient présenter leur ouvrage sur le président, l’acteur s’est confié. « Le souci qu’on a, c’est que c’est un homme charmantisssime, physiquement. Je ne sais pas si c’est ton style ? demande-t-il à Laurent Ruquier. Mais il est irrésistible. » « Vous craqueriez pour lui si vous aviez ces goûts ? » questionne l’animateur. « Pas au point d’une pelle brutale, mais (…) ce qui est étonnant c’est que nous avons affaire à un homme plus qu’attachant : il est craquant ! J’exagère, ce n’est pas non plus une bombe atomique sexuelle, le mot c’est attachant ! » répond l’acteur sous l’hilarité générale.

Macron ? « Mignon »

« Je lui ai prêté ma baraque gratuitement, révèle Fabrice Luchini. C’est une preuve d’amour. » Avant de poursuivre. « Je suis quelqu’un de très inquiet financièrement. Et un moment je me suis dit : est-ce que je lui prête l’île de Ré avec un peu de “kebla” (argent au noir, NDLR) […] Ta race y en a au moins pour 7 000. Mais je peux me refaire repérer par Sapin », ajoute Luchini en roue libre, jugeant Macron « mignon ». Toujours sur un jugement esthétique, le lecteur de Philippe Muray ou de Céline trouve François Fillon « physiquement très agréable ».

Sarkozy ? « Il m’a épaté »

Luchini, qui aime rencontrer les politiques (et vice versa), raconte une anecdote sur Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République était venu voir L’Arrivée à New York, lecture par le comédien du roman Céline « Voyage au bout de la nuit ». Après la représentation, un homme, « genre Nuit debout, genre On the road » est venu voir l’acteur. « Moi je vous aime, mais pas à côté de ça ! » dit l’énergumène évoquant Nicolas Sarkozy. Le candidat à la primaire ne se démonte pas et va voir l’agitateur. « Vous sortez du spectacle de Luchini ? C’est à désespérer, parce que deux heures de grand talent d’un écrivain immense font que vous êtes toujours aussi con », signale-t-il.

La droite ? « Programme austère »

Il analyse également la stratégie de François Hollande. Le président se dit : « Je les laisse gratter leur programme austère. » « C’est vrai, ajoute-t-il. Ils n’ont jamais de programme sexy. La droite vend la nature humaine est médiocre, elle est pessimiste. La droite n’a pas de programme excitant », explique Fabrice Luchini. Pas de doute, l’acteur assure le show. Et l’audience, puisque l’émission de Laurent Ruquier a signé l’une de ses meilleures audiences depuis la rentrée : 1,43 million de téléspectateurs pour une part de 21,6 %, soit 300 000 de plus qu’une semaine auparavant. Et si Fabrice Luchini animait le prochain débat de la primaire de la droite et du centre ?

Chartres, le laboratoire de Gorges pour la France

«  Hé Jean-Pierre, ça va ? » À pied, à vélo, en voiture, les habitants du quartier de Beaulieu, à Chartres, interpellent le maire de la ville, Jean-Pierre Gorges. Dans cette cité sensible, l’édile a fait sauter les immeubles hauts et gris pour les remplacer par de petits bâtiments colorés, lumineux, végétalisés. Une femme, d’origine camerounaise, se plante devant l’édile. « J’ai lu que vous vous présentiez à l’élection présidentielle. Mais qu’allez-vous apporter de nouveau ? », lui demande-t-elle. Réponse de l’intéressé : « Je propose une manière différente de gérer la France en décentralisant au maximum, afin que les décideurs se rapprochent de la population. »

Maire et député de Chartres depuis quinze ans – réélu au premier tour des dernières municipales avec près de 54 % des voix, membre de l’austère commission des Finances de l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Gorges s’est lancé dans un pari audacieux : conquérir l’Élysée. « Beaucoup pensent que sa candidature à l’élection présidentelle est un poisson d’avril. Mais il a fait tellement de choses ici : Chartres en lumières, ChartrEstivales, l’Odyssée… », résume Yves, qui tend sa sébile (une coquille Saint-Jacques) devant la cathédrale. « J.-P. » ne sort pas du bois au hasard. L’affaire mijotait depuis longtemps, assurent tous ceux qui le connaissent. « On le sentait venir, souligne Joël Alexandre, le président de la CCI d’Eure-et-Loire. J’ai su tout de suite que ce n’était pas un coup de bluff. Il n’est pas homme à ça. Il n’a pas pris cette décision en trois mois. C’est le produit d’un cheminement… » « Cette candidature le titille depuis un an, poursuit un chef d’entreprise ami. Il suit sa logique : « J’ai des idées, je veux les exprimer. » Et Gorges, c’est un rouleau compresseur : quand il a pris une décision, quoi qu’il arrive, il la met en application. »

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Ailleurs qu’à Chartres, les ambitions présidentielles de Jean-Pierre Gorges suscitent l’indifférence. Pour cause : personne ne le connaît. Mais l’obstiné n’en démord pas. Il annonce qu’il « déroule (son) plan, tout est prévu », qu’obtenir les 500 signatures « sera le plus facile », qu’il n’a pas besoin des partis « puisque l’objectif est de rallier des soutiens sur son projet* ».

Chantier titanesque

Mégalo, Jean-Pierre Gorges ? Ses chantiers XXL alimentent la chronique chartraine depuis toujours. Ils lui valent le courroux des automobilistes, l’ire des commerçants et le surnom de « Ramsès** ». L’actuelle construction titanesque (40 millions d’euros) du pôle administratif – signé de l’architecte-star Jean-Michel Wilmotte – destiné à regrouper tous les services de la ville et de la métropole au nom de la rationalité, autour de l’Hôtel Montescot (XVIIe siècle), ne dément pas cette réputation. « Ici, on l’appelle le Palais du maire », raille son opposant virulent, le socialiste David Lebon. « On m’accuse souvent de mégalomanie, dit Jean-Pierre Gorges. Mais tout ce que je fais se révèle trop petit. Quand j’ai annoncé que l’on allait bâtir le plus grand complexe aquatique d’Europe, j’en ai entendu des vertes et des pas mûres. Et maintenant, on refuse du monde ; des gens font 250 kilomètres pour venir : nous avons une fosse et un bassin de plongée de 25 mètres. »

En creusant des parkings, en briquant le centre historique, en rénovant les quartiers via des partenariats publics-privés, le maire s’enorgueillit d’avoir transformé sa ville. Cela se voit d’ailleurs à l’œil nu. Rien d’original là-dedans, grince l’opposant MoDem Éric Chevée : « N’importe quel autre maire n’aurait-il pas agi de la même façon ? Toutes les villes de France se sont lancées dans la rénovation urbaine. Ce n’est pas extraordinaire en soi. »

« Gorges, il réveillerait un mort !, s’exclame pour sa part le biologiste du feu Muséum (que le maire a pourtant fait fermer), François Colin. Avant lui, Chartres, c’était une petite ville de Province qui roupillait. On avait surnommé Gilbert Bécaud « Monsieur 100 000 volts » ; Jean-Pierre, c’est « Monsieur 1 million de volts ». »

Trésor de guerre

L’ancien premier adjoint dans l’équipe précédente, qui fut maire par intérim Jean-Louis Guillain, homme de gauche convaincu et réputé pour son intégrité, adhère. « L’homme est très volontaire, très créatif, et il a transformé la ville de façon très importante, constate-t-il. C’est un bâtisseur qui a toujours le souci d’entreprendre pour rénover et innover. C’est aussi un visionnaire qui raisonne pour les vingt ans à venir. Je n’ai pas ses idées mais j’ai de l’estime pour l’homme et de l’admiration pour le travail réalisé. »

Les « forces vives » suivent. « Je n’aime pas fayoter mais avec un maire plus patapouf, nous n’aurions pas pu surfer sur la même dynamique. C’est une locomotive », dit l’agent et promoteur immobilier Marc Aviron. Dans le domaine du sport, Chartres a également progressé. « Nous étions une simple association sportive, notre club compte aujourd’hui 1 300 licenciés et 33 salariés dont 17 joueurs pros, témoigne Philippe Besson, le président du club de handball. Nous avons bénéficié d’un soutien constant de la ville, sans nous bousculer. Quand le maire dit quelque chose, cela aboutit. Il ne change pas d’avis tous les quatre matins. » Pour le patron de la CCI, le bilan est net : « Il y a eu une révolution à Chartres. » Et Joël Alexandre n’est pas un béni-oui-oui. « L’action de Jean-Pierre Gorges, grâce à une politique d’aménagements, a contribué au développement et à l’implantation d’entreprises, relève-t-il. Mais sur le plan commercial, je suis plus mesuré. » En cause, les grands travaux dans la ville, l’incitation à l’installation de pôles commerciaux en périphérie. Mais pas seulement. Les tarifs de parkings aussi. Car, pour le libéral Gorges, une règle prévaut : c’est l’usager qui paie, y compris les entreprises, qui ont vu leurs « versements transports » majorés. « Pourquoi voulez-vous que la petite mémé qui n’a pas de voiture paie pour les autres par les impôts ?, argumente le maire. Je fais payer les visiteurs. Mais, a contrario, le transport est gratuit pour les 14 000 enfants et, à la demande, pour les personnes âgées. »

Gorges a eu de la chance : il a bénéficié d’un trésor de guerre à son arrivée. « Son prédécesseur Georges Lemoine, souligne l’opposant MoDem Éric Chevée, avait augmenté les impôts sans investir durant des années. Dès 2001, le maire actuel avait donc un tas d’or entre les mains, et personne ne le savait. » Sous son égide, les investissements s’enchaînent et les impôts n’augmentent pas. « Mais la dette a doublé ! », répondent en chœur les opposants. « Voire plus encore, précise David Lebon, car on a externalisé la dette dans de nombreuses structures annexes – des sociétés d’économie mixte (SEM), essentiellement – dont les comptes ne sont pas agglomérés dans le budget de la ville ». Mauvais procès, se défend l’édile : « Les dettes, vous ne pouvez pas les consolider, c’est la loi ! affirme Jean-Pierre Gorges. Il y a une dette pour l’eau, une dette pour les transports, une autre pour les ordures. On ne va pas additionner les choux et les carottes. Et c’est l’usager qui paie. Ce qui est important dans une dette, ce n’est pas son montant, mais la capacité à rembourser.  Dans une commune, pour que les banquiers continuent de vous recevoir, il faut que la dette soit contenue au-dessous de huit années d’autofinancement. Le système ici est vertueux car j’arrive à investir en maîtrisant la dette et en baissant la fiscalité. Le rêve de la France. » L’ancien maire Jean-Louis Guillain, lui, n’est « pas inquiet pour les finances de la ville et de l’agglomération. Le maire a une formation financière, il sait compter et il a un excellent adjoint aux finances. »

Avant de se lancer en politique, l’homme a passé 25 ans comme manager. « Jean-Pierre Gorges est un homme d’entreprise, et il gère sa municipalité ainsi, souligne Joël Alexandre. Très cartésien, informaticien et joueur d’échecs. Il a toujours un coup d’avance. Il n’est pas consensuel, pas dans la flatterie, mais toujours dans l’action, ce qui peut perturber certains. Il peut vous dire « non » en cinq minutes sur un dossier épais tout comme « oui » aussi vite sur un projet exposé sur deux pages. Il ne va pas à la négociation indéfiniment, il n’est jamais en rondeurs. Mais ici, il y a un patron. »

Éruptif

La chronique chartraine est emplie des frictions que l’éruptif Jean-Pierre Gorges peut avoir avec des journalistes, des commerçants, des chefs d’entreprises, des maires de la métropole (comme un temps Jean-Jacques Chatel à Mainvilliers ou Alain Toutay à Barjouville, tel que le relate Michel Brice dans sa biographie). Malheur à qui le contredit ! Le maire a son caractère, ou du tempérament, préfèrent dire ses partisans. « Il ne pratique pas la langue de bois, dit François Colin. Quand il veut traiter quelqu’un de corniaud, il le fait. Il n’a pas de porte de derrière, il n’est pas hypocrite. C’est un type brut de décoffrage qui déteste le lèche-botting. » Brutal, voire autoritaire ? « Je suis déterminé, pugnace, passionné, je me bagarre sur les idées, rétorque l’intéressé. Mais brutal, non ! Et autoritaire, certainement pas. J’emmène les gens par le projet, pas par l’autorité. »

Un angle d’attaque, en tout cas, pour l’opposition. « Humainement parlant, Jean-Pierre Gorges peut être un mec sympa, dit David Lebon. Il a plutôt le sens de l’humour. Mais dès qu’on touche à l’essentiel pour lui, à savoir sa réélection, il devient très agressif, voire violent. Il y a trop d’intérêts personnels dans sa façon de faire de la politique. » Cible : son entourage, qui compte parmi ses plus proches collaboratrices sa femme et sa fille – sans compter son autre fille, salariée de ChartrExpo, l’une des SEM de la ville. De fait, quand on aborde le sujet, Jean-Pierre Gorges s’échauffe. « Je m’appuie sur des personnes qui peuvent travailler 24 heures sur 24 avec moi, argumente-t-il. Mon père était boulanger, et sa femme tenait la caisse. » Puis, l’humour – et l’ambition nationale – reprend le dessus. « Que ma fille soit à mes côtés, c’est plutôt bon signe : Chirac est devenu président grâce à Claude ! »

* « La France, c’est vous », 337 pages, Cherche-Midi éditeur.**Voir la bio fouillée publiée en 2009 par les historiens locaux Michel Brice et Philippe Régnier, « Jean-Pierre Gorges, un homme de pouvoir », Centrelivres.

Béglé – Il ne faut pas sauver le soldat Hollande !

La semaine dernière, le cosmodrome de la Rue de Solférino était en pleine activité. Ses experts, ses petites mains et ses spécialistes s’affairaient autour du pas de tir. La fusée Hollande était en approche, on s’apprêtait à faire le plein d’hydrogène, on affinait son plan de vol et on déclenchait déjà le compte à rebours. Les plus éminents savants rivalisaient de phrases ambitieuses pour décrire le cahier des charges de cette mission spatiale : placer une seconde fois François Hollande sur une orbite présidentielle. L’optimisme de l’équipe était tel que certains sceptiques d’hier commençai…