Auteur : admin4628

Expérience en avion de chasse

Quand je trouve que je commence à m’encroûter un peu trop, j’ai une solution : je me trouve une activité insolite à faire et part à l’aventure, histoire de sortir de l’ordinaire et découvrir de nouvelles sensations. Et de ce côté-là, on peut dire que j’ai été servi, dernièrement. Le week-end dernier, j’ai en effet opéré un vol en avion de chasse ! Ça s’est passé du côté de Paris et c’était tout simplement énorme. J’ai adoré chaque instant passé là-haut. Seulement, quand j’ai discuté de cette expérience avec mon entourage, j’ai été abasourdi par la réaction de mes collègues : beaucoup ne comprenaient tout simplement pas l’intérêt qu’il y avait à mettre près de 2000 balles dans ces quelques minutes de vie. Ils trouvaient que c’était jeter de l’argent par les fenêtres ! J’ai été tellement surpris que les mots m’ont manqué sur le moment pour leur expliquer mon point de vue. Dans le fond, je pense que je ne suis pas assez matérialiste pour eux, et qu’eux le sont trop pour moi. C’est donc forcément un dialogue de sourds entre nous. Selon eux, j’aurais pu dépenser cet argent dans une nouvelle télé. Le hic, c’est que je me fiche comme d’une guigne d’avoir une nouvelle télé. Je suis bien assez équipé, à mes yeux. Mon téléviseur a une dizaine d’années, certes, mais cela ne me pose pas problème qu’il ne soit pas à la pointe. Il me semble plus essentiel de vivre des moments sublimes, inoubliables, que de me focaliser sur ce détail. Tout ce temps passé devant le petit écran, c’est cela qui est grotesque, dans le fond. Alors que cette expérience aussi brève qu’intense restera dans mes souvenirs, dussé-je vivre encore cinquante ans. Et ça, ça compte plus que tout. Il faut se poser les bonnes questions, dans la vie. Est-ce que le matériel a plus de valeurs que les souvenirs ? Personnellement, la réponse est non, définitivement non. Et peu importe que certains me croient déficient de penser comme ça. Si vous désirez avoir plus d’informations sur ce vol en avion de chasse, en tout cas, voilà où j’ai trouvé le mien. Je ne regrette pas le moindre centime dépensé dans ce bref moment !

Marine Le Pen tient certains maires responsables du « communautarisme »

Marine Le Pen, candidate Front national à la présidentielle, a rendu jeudi soir certains maires « lâches » responsables du « communautarisme, vivier de l’islam radical » en France, les accusant d’avoir voulu « acheter la paix civile ». Avec « la lâcheté d’élus, c’est comme ça que le communautarisme est le vivier de l’islamisme radical. Heureusement qu’il y a des candidates comme moi pour défendre les droits des femmes » a affirmé Marine Le Pen lors d’un débat pendant « L’Emission politique » sur France 2 avec le maire PCF de Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Patrice Bessac.

« Vous faites partie des maires qui ont acheté la paix civile, accepté une série de compromissions, de vous soumettre aux revendications religieuses de toutes sortes, vous êtes allés dans des mosquées qui acceptent des imams salafistes interdits de prêches dans des pays étrangers tellement leurs prêches sont violents », a-t-elle accusé Patrice Bessac, qui débattait avec elle en duplex depuis sa mairie.

Les femmes ont  » du souci à se faire »

Inquiète de la « relégation vestimentaire » et de la « relégation physique des femmes » dans certains endroits, la dirigeante d’extrême droite a estimé que « c’est à cause de maires comme vous. Vous avez reculé sur la laïcité, vous nous mettez aujourd’hui dans la situation d’être obligés de rappeler la laïcité, c’est vrai, d’une manière ferme », référence à sa proposition, a-t-elle poursuivi. « Avec des élus comme vous, les femmes françaises ont énormément de souci à se faire », a-t-elle aussi accusé. Marine Le Pen était interrogée sur sa volonté d’interdire le kippa et le voile dans l’espace public. Patrice Bessac lui suggérait « d’arrêter de perdre notre temps avec la police des kippas et des voiles ».

« Quand la loi est votée, tout le monde doit s’y soumettre. Le voile est un acte de soumission de la femme », a-t-elle répondu. Répondant à Patrice Bessac, qui s’inquiétait de la volonté des forces de l’ordre de verbaliser des personnes qui arboreraient le voile ou la kippa si Marine Le Pen était élue, celle-ci a répondu : « Il y a des sondages qui disent qu’à peu près la moitié des gendarmes et des policiers souhaitent voter pour ma candidature. Si on leur donnait l’instruction de faire respecter la loi, ils feront respecter la loi ».

Fillon cible de Le Pen

Plutôt dans l’émission, la candidate s’en était prise à François Fillon. »Il y a derrière tout ça une sale odeur de trafic d’influence peut-être, de conflit d’intérêts à tout le moins », a fustigé la candidate FN à la présidentielle sur le plateau de l’Emission politique sur France 2. « Que ce soit pour François Fillon ou que ce soit pour Emmanuel Macron », Marine Le Pen s’est insurgée contre « des hommes politiques qui se servent de leurs responsabilités, de leur mandat ou de leurs responsabilités ministérielles pour avantager des petits copains ou alors qui se font remercier peut-être après les avoir aidés ».

Pour la candidate frontiste, le fait que François Fillon ait pu travailler pour Axa « pose un vrai problème ». Elle se demande « si dans son programme, la suppression de la Sécurité sociale qui va évidemment bénéficier aux compagnies d’assurances, ça n’est pas aussi la contrepartie des sommes qui lui ont été versées ».

Présidentielle 2017 : Jadot veut accélérer les discussions avec Hamon

Le candidat écologiste à l’élection présidentielle juge que les discussions engagées avec Benoît Hamon en vue d’un « projet commun » pour la présidentielle « n’avancent pas assez vite ». « Ma responsabilité aujourd’hui est de discuter avec d’autres candidats qui le souhaitent pour faire un projet commun », a déclaré Yannick Jadot jeudi sur RFI. « Après, la question des personnes est seconde, elle n’est pas secondaire, elle est seconde », a-t-il ajouté comme on lui demandait s’il y aurait bien un bulletin Jadot à la présidentielle.

« Le mandat que je considère avoir reçu dans cette primaire écologiste, c’est de faire en sorte que le prochain quinquennat soit écologique, social, européen », a-t-il précisé.

Une première réunion ce week-end

Interrogé sur les avancées d’un possible rapprochement avec le vainqueur de la primaire organisée par le PS, Benoît Hamon, Yannick Jadot a répondu : « On a commencé à discuter, on verra bien. » Il a ajouté qu’il trouvait que les discussions « n’avancent pas assez vite ».

Il a précisé que « ce week-end » aurait lieu « une première réunion sur le projet ». « On discute régulièrement avec Benoît Hamon, simplement il ne faut pas qu’on se prépare pour 2022 ». « Je trouve qu’elles n’avancent pas assez vite parce que la politique c’est de la dynamique. Il y a eu une dynamique autour de sa candidature, et sa candidature n’est certainement pas le fait de rejoindre un Parti socialiste usé dans un vieux bus diesel », a-t-il dit.

Avec Mélenchon, « ce sera compliqué »

Quant au candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, il l’a appelé, mais il ne lui « a pas répondu » et ne l’a « pas rappelé ». « Je considère que si Jean-Luc Mélenchon ne clarifie pas ses positions sur la démocratie comme sur l’Europe, pour moi ce sera compliqué, voilà (…) après il faut discuter. »

Sur RTL, Cécile Duflot, battue à la primaire EELV, a estimé que les courants de gauche avaient « une responsabilité historique qui est de ne pas rater les moments où on peut converger sur le fond, sur un projet. Ce n’est pas un compromis, ce n’est pas un (plus) petit commun dénominateur ».

Elle a aussi assuré que Yannick Jadot avait réuni « un peu plus de 400 » parrainages sur les 500 nécessaires à une candidature à l’Élysée. « Je le dis parce que certains racontent le contraire, ils peuvent venir vérifier ils sont physiquement présents les papiers. »

Présidentielle 2017 : l'élection menacée par une cyberattaque russe ?

Faut-il redouter l’influence des services secrets du Kremlin sur l’élection présidentielle française ? D’après les informations dévoilées dans l’édition du Canard Enchaîné de ce mercredi 8 février, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) prend la menace très au sérieux. Selon les informations du journal satirique, l’Élysée est d’ailleurs en passe de réunir un conseil de défense dans les prochains jours afin de réfléchir aux moyens de contrer l’offensive russe.

Ce que les autorités appréhendent, c’est un nouveau scénario comme l’a connu le camp démocrate d’Hillary Clinton durant la campagne américaine, notamment avec la fuite de ses emails. Un piratage soupçonné d’avoir été encouragé par le Kremlin. Le sabotage téléguidé par les Russes aurait d’ailleurs déjà débuté avec la tentative de piratage informatique du site « En Marche ! » d’Emmanuel Macron, qui en novembre aurait subi « une centaine de tentatives d’intrusion », selon le Canard Enchaîné. Des attaques qui auraient d’ailleurs augmenté depuis janvier et le bond dans les sondages de l’ancien Premier ministre.

Marine Le Pen, candidate désignée ?

Des méthodes qui s’appuient également sur une campagne de désinformation plus « traditionnelle » de la part du pouvoir russe. Il y a quelques jours, des médias proches du Kremlin comme Sputnik et RT en Français semblent en effet avoir pris pour cible l’ex-ministre de l’Économie. Les sites s’attaquent à Emmanuel Macron en s’appuyant notamment sur les allégations d’un élu français, Nicolas Dhuicq, sur la vie secrète supposée du candidat « En Marche ! ».

Mais alors à qui profite le crime ? À Marine Le Pen si l’on en croit l’article. Les services secrets russes seraient en passe de lancer une campagne virale en faveur de la présidente du Front national. Le but ? Inonder les réseaux sociaux de messages de soutien à la candidate en vue de faire basculer l’opinion et donner une visibilité accrue à Marine Le Pen. Le Canard Enchaîné rappelle qu’entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012, un virus russe avait attaqué l’Élysée.

Tesson – L'épisode est clos, mais pour combien de temps ?

Incontestablement, François Fillon a fait montre hier de courage et de pugnacité. Courage face à l’adversité et à l’opprobre dont il est l’objet. Pugnacité dans sa décision de maintenir sa candidature. Mais il a pris un risque considérable. Le drame est que ce risque, il le fait courir à la droite, à tous ceux, nombreux, qui avaient mis en lui leur espérance. Si la droite devait perdre en mai prochain la chance quasi assurée qui lui était offerte il y a quelques semaines encore de reconquérir le pouvoir, ce serait de la seule faute de l’ancien Premier ministre. Qu’il n’y ait pas de solution…

Consultez notre dossier : François Fillon dans la tourmente

Marine Le Pen, une candidate du « peuple » face aux partis du « fric »

« Vous avez compris, l’actualité récente en a apporté une démonstration éclatante, contre la droite du fric, la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple », a lancé la présidente du Front national en ouverture de son meeting à Lyon. Marine Le Pen s’est présentée ce dimanche pour sa réunion publique de lancement de campagne comme la « candidate de la France du peuple » face à « la droite du fric, la gauche du fric ».

« C’est un débat crucial qui engage notre pays de manière fondamentale. De son issue dépend la France en tant que nation libre », a jugé Marine Le Pen, devant plusieurs milliers de personnes au Palais des Congrès de Lyon.

Contre « l’immigration massive »

« Après des décennies d’erreurs et de lâcheté, des fausses alternances, faites de reniement, de laisser-aller, de laissez-passer, de laisser-faire, nous sommes à la croisée des chemins », a insisté la candidate d’extrême droite.

« Je défends les murs porteurs de notre société » face à « nos dirigeants (qui) ont choisi la mondialisation dérégulée » et « l’immigration massive », a dit la présidente du FN dans ce discours clôturant deux jours d’assises présidentielles à Lyon. « La France, la France », criaient notamment ses partisans, chantant aussi « on est chez nous ».

Elle s’exprime sur une scène bleue ornée de roses bleues et signée « Au nom du peuple », ses logos et slogans de campagne, après un clip où elle se présente tour à tour comme femme, mère, avocat et affirme « oui, je veux remettre la France en ordre ».

Fillon « tient ferme » dans les Ardennes

En plein scandale, c’est un François Fillon au ton martial qui s’est présenté jeudi soir devant les militants pour se défendre du « Penelopegate », après une journée passée à arpenter les Ardennes, l’air parfois absent. Le déplacement du candidat de la droite à la présidentielle était prévu avant le déclenchement de l’affaire des emplois fictifs présumés de son épouse, il y a une dizaine de jours. « C’est pire qu’un déplacement présidentiel », plaisante un membre de l’équipe devant la centaine de journalistes qui collent aux basques du candidat pris dans la tourmente. Alors, en arrivant dans la crèche de Poix-Terron, l’ancien Premier ministre, vêtu de son habituelle veste matelassée, évite soigneusement de répondre aux questions qui fâchent. Il est là « pour parler aux Français » et concède seulement qu’il est « combatif » et parce qu’il est « attaqué de tous les côtés de façon injuste ».

L’air ailleurs

Dans cette petite structure, qui accueille 17 enfants, entouré d’élus, il écoute et pose des questions sur la mixité ou les couches lavables. La députée LR Bérengère Poletti, élue de la circonscription, fait bonne figure. Mais le candidat a l’air un peu ailleurs, comme absent, devant la table où quatre bambins colorient des éléphants, pas perturbés pour un sou. Un morceau de galette et puis s’en va. Juste avant de partir, sur le parking, un homme énervé vocifère, il est rapidement ceinturé et mis au sol, et n’a guère envie d’expliquer sa motivation aux journalistes présents. Deuxième étape : Liart, moins de 600 habitants. François Fillon rencontre des éleveurs puis s’anime un peu lors d’une rencontre organisée avec les maires ruraux, aux côtés du président de région Philippe Richert, ex-sarkozyste.

Evoquant la BCE et les taux d’intérêts, il fait référence « aux paysans sarthois » qui lui « ont toujours dit que l’argent gratuit ça n’existe pas »… Mais, chuut !, aucune question sur l’affaire. Il sort de la salle et du haut des escaliers de la mairie, une meute de journalistes le contemple. Sans y croire, l’un deux se risque à la question : « Que répondez vous à ceux qui vous demandent de laisser tomber ? » Retour à l’envoyeur : « Laissez tomber », sous-entendu avec vos questions, lâche l’ex-Premier ministre en s’engouffrant dans sa voiture.

« On est un peu abasourdis »

Il réserve ses commentaires au petit millier de personnes qui ne remplissent qu’à moitié le Parc des Expositions de Charleville-Mézières. Ceux qui sont venus sont convaincus qu’il s’agit d’une cabale. Loin des caméras, certains ont l’air sonné, « on est un peu abasourdis. On l’avait pas vue venir, celle là ». Alors François Fillon a repris un peu d’énergie et de couleurs à la tribune en disant « comprendre » que ces « accusations troublent certains d’entre vous, en raison de leur martèlement, en raison de la répétition présentée habilement comme une accumulation de preuves, en raison des sommes avancées aussi ».

Mais il continue à se présenter comme la victime d’attaques inédites depuis une soixantaine d’années : c’est « du jamais vu sous la Cinquième et même la Quatrième République, cette dernière pourtant riche en barbouzeries politiques de toutes sortes ». Le candidat a déclaré : « ‘Ardennes tiens ferme’, c’est la devise d’un régiment que j’ai aidé à maintenir à Charleville, et bien ce sera la mienne ! ». Avant de citer Georges Pompidou, qui lui aussi « a eu sa dose de calomnies ».

L'Autriche souhaite interdir le voile intégral

Le voile islamique pourrait bientôt être prohibé dans les lieux publics autrichiens, a annoncé le gouvernement lundi. Cette mesure s’inscrit dans un plan de la coalition centriste au pouvoir confrontée à la progression de l’extrême droite. « Le voile intégral sera interdit dans l’espace public », a déclaré le chancelier social-démocrate (SPÖ) Christian Kern lors de la présentation de ce plan d’action préparé avec son allié conservateur (ÖVP), qui couvre de nombreux champs allant de la réforme du marché du travail à la sécurité.

« Nous adhérons au principe d’une société ouverte, ce qui suppose une communication ouverte », justifie la coalition à propos de cette interdiction. Cette interdiction du voile intégral (burqa, niqab), déjà valable en France, en Belgique, Bulgarie et dans certaines régions suisses, pourrait s’accompagner d’un débat sur le port du voile dans la fonction publique. Le gouvernement autrichien souhaite en effet, après consultation des communautés religieuses, « proposer une loi de neutralité », a indiqué le chancelier citant les postes de magistrats, policiers ou militaires.

Une loi ouverte

Cette loi ne ciblera pas spécifiquement le voile pour « ne pas donner aux 600 000 musulmans en Autriche le sentiment qu’ils ne font pas partie de notre société », a ajouté Christian Kern. Le ministre autrichien des Affaires étrangères Sebastian Kurz avait suscité la controverse, au début de l’année, en exigeant un loi interdisant spécifiquement le port du foulard dans la fonction publique. Sous pression de nombreux tiraillements internes, la coalition entre SPÖ et ÖVP, au pouvoir depuis 2007, tente de se relancer depuis l’arrivée, au printemps 2016, de Christian Kern au poste de chancelier, alors que de nombreux observateurs pronostiquent des législatives anticipées avant le terme prévu, en 2018.

Dans cette hypothèse, le FPÖ, formation d’extrême droite, est régulièrement donné en tête des intentions de vote. Le nouveau programme de travail de la coalition met notamment l’accent sur la sécurité et l’intégration des immigrés. Il prévoit ainsi la possibilité de placer sous surveillance électronique les djihadistes de retour de Syrie et d’Irak et l’obligation pour les réfugiés et demandeurs d’asile de signer un « contrat d’intégration » d’un an. Le gouvernement souhaite aussi limiter l’accès au marché du travail autrichien aux travailleurs détachés de l’UE et créer 70 000 nouveaux emplois d’ici 2018.

François Fillon impliqué dans une nouvelle affaire ?

François Fillon est à nouveau sous les projecteurs de Mediapart. Après avoir fait éclater l’affaire du Penelopegate, le journal en ligne a publié samedi une enquête impliquant le candidat de la droite à la présidentielle, qui aurait détourné des fonds publics lorsqu’il siégeait au Sénat entre 2005 et 2007. François Fillon aurait empoché une partie des crédits destinés à la rémunération des assistants grâce à un système de « commissions occultes », dénonce Mediapart. Les sommes siphonnées en question « ne dépassent sans doute pas les 25 000 euros ». Le stratagème pointé du doigt avait été utilisé entre 2003 et 2014 par d’autres sénateurs, qui ont été récemment mis examen pour « recel de détournements de fonds publics ».

Le système de « la ristourne »

Mais à ce stade, l’information judiciaire ne porte que sur des faits antérieurs à 2009, date à laquelle François Fillon avait déjà quitté le Sénat pour prendre ses habits de Premier ministre. Bien que le candidat ne fasse pas l’objet d’investigations, Mediapart avance des témoignages et des documents suggérant que François Fillon ait perçu ces mêmes fonds lors de son mandat. Les élus UMP dans le viseur de la justice auraient récupéré « en douce » des surplus d’argent sur l’enveloppe des rémunérations destinées aux collaborateurs des sénateurs, cet excédent étant toutefois destiné à financer le fonctionnement du groupe parlementaire. Ce système de détournement aurait même été rebaptisé « la ristourne » par les intéressés. Pour l’heure, François Fillon ne s’est pas exprimé sur cette nouvelle affaire. L’entourage du candidat n’a pas souhaité faire de « commentaire sur une affaire en cours ».

En se défendant, Fillon se prend les pieds dans le tapis

François Fillon a manifesté sa mauvaise humeur contre ses lieutenants incapables de le défendre alors qu’il se retrouve en pleine tempête depuis les révélations du Canard enchaîné. Mais force est de constater qu’à l’exercice lui-même n’est pas très brillant.

Jeudi soir, sur TF1, François Fillon a cherché à anticiper toute polémique future. Le candidat à la présidentielle a ainsi reconnu avoir rémunéré deux de ses enfants avocats du temps où il était sénateur de la Sarthe, entre septembre 2005 et juin 2007. Problème : ses enfants n’étaient pas encore diplômés à cette époque-là… Marie, 34 ans, n’a prêté serment que le 14 novembre 2007, tandis que Charles, inscrit au barreau de New York en 2010, a rejoint celui de Paris un an plus tard.

Les deux enfants de François Fillon, nommé Premier ministre en mai 2007, sont donc devenus officiellement avocats respectivement 5 mois et 4 ans après la fin de la mandature de leur père.

D’après les dates de serment inscrits dans l’annuaire du barreau de Paris, F Fillon n’avait pas d’enfants « avocats » quand il était sénateur

— Matthieu Mondoloni (@M_Mondoloni) 27 janvier 2017

« Imprécision de langage »

Interrogé par l’AFP, l’entourage du candidat a expliqué qu’il avait eu « une imprécision de langage » et qu’il voulait dire « qu’ils sont avocats » à l’heure actuelle et non qu’ils l’étaient à l’époque. Sur TF1, François Fillon a déclaré : « Lorsque j’étais sénateur, il m’est arrivé de rémunérer, pour des missions précises, deux de mes enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences. »

Marie et Charles Fillon évoluent aujourd’hui dans de grands cabinets parisiens, respectivement Dechert et SLVF. La première est spécialisée dans les questions de propriété industrielle et artistique, le second dans les fusions-acquisitions, deux domaines pointus qui n’ont pas grand-chose à voir avec la politique. Selon Libération, qui a interrogé l’entourage de François Fillon, Marie pourrait avoir été rémunérée pour avoir « aidé son père à la préparation de son livre, La France peut supporter la vérité, paru en octobre 2006 ». Des justifications confuses qui n’ont pas encore convaincu.