Auteur : admin4628

Fillon, Hamon, Macron et Mélenchon retournent à l'école !

On les a aperçus sur les plateaux de divertissement face aux « people ». On les a écoutés raconter leur vie sur le canapé rouge de Michel Drucker. On les a vus sous une autre facette, plus intime, discuter avec Karine Le Marchand. Ce dimanche soir à 21 heures sur C8, les politiques vont encore plus loin : ils sont désormais interrogés par des enfants. Dans Au tableau !, quatre candidats à la présidentielle (François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon) affrontent des élèves de 8 à 12 ans. Pendant une petite demi-heure chacun, ils doivent répondre à des questions sur leur programme, relever des défis (expliquer en une minute une mesure de leur programme, parler anglais) et gérer les multiples interrogations de ces apprentis journalistes. « Je n’étais pas très satisfaite de la parole politique : elle était très répétitive, très langue de bois et pas forcément très compréhensible, signale Caroline Delage, la créatrice de l’émission qui l’a développée avec Mélissa Theuriau. Face aux enfants, un homme politique est obligé d’adapter son discours. Selon moi, c’était plus efficace que le plus incorrect des journalistes politiques. » Accompagnés par Caroline Delage, les enfants ont étudié les programmes.

Si l’on était habitué depuis quelques semaines à voir des jeunes en âge de voter s’exprimer (comme dans Punchline, toujours sur C8), une nouvelle étape a été franchie avec cette émission qui se veut « politique » et « grand public ». Ruben, Léopold, Chloé, Maya et une dizaine d’autres, qui sont loin d’avoir atteint l’âge du droit de vote, interpellent directement les candidats. Voire les mettent en difficulté. « Expliquer à un enfant, c’est tout un art. Il faut vulgariser et être pédagogue. Et pour faire cela, il faut avoir digéré sa pensée », explique le Dr Stéphane Clerget, psychiatre et praticien dans le service de psychiatrie enfantine à l’hôpital de Cergy-Pontoise, qui pense que ce genre d’exercice se révèle plus risqué pour les politiques que pour les enfants, exposés en prime time sur un sujet aussi épineux que la politique. « Les enfants ont un intérêt réel pour la chose publique. C’est du spectacle. Ça les intéresse qui commande », poursuit-il.

Exercice pédagogique

Pour les candidats, il y a bien sûr un intérêt d’image. Mais pas que. « On reproche aux hommes politiques de ne pas projeter la France dans le futur, de rester uniquement sur des questions de programme. En s’adressant aux enfants, donc à la nouvelle génération, ils développent non pas leur projet, mais leur vision, décrypte Stéphane Rozès, président de la société CAP (Conseil analyse et perspective) et spécialiste de l’opinion. Cette émission leur permet aussi de se livrer à un exercice de simplification et de « détechniciser » la politique. » Ainsi, les candidats ont dû expliquer en une minute des points de leur programme. Benoît Hamon a, grâce à un schéma, défini le revenu universel. Une technique qu’il a reproduite dans un déplacement face à des adultes. Même chose pour François Fillon avec les quotas migratoires. « Ce type de programme va d’abord s’adresser aux adultes et les enfants ne sont finalement qu’un intermédiaire », ajoute Stéphane Clerget, auteur de Comment te faire respecter (éd. Limonade).

Imagine-t-on le général de Gaulle…

Si Au tableau ! est très didactique et agréable à suivre (malgré l’a priori que l’on pouvait avoir), le programme bascule quelquefois dans l’anecdotique. C’est ainsi que François Fillon doit manger un criquet, car il a fait du scoutisme… Le tout sous le rire des enfants et la gêne du téléspectateur. Ne touche-t-on pas à la limite de l’exercice ? L’image des politiques, déjà bien écornée, en sort-elle grandie ? Et puis, dans une formule éculée ces dernières semaines, imagine-t-on le général de Gaulle ou François Mitterrand participer à ce genre de programme ?

« Je ne pense pas que cela participe à l’abaissement de la fonction présidentielle. Cela a amusé les enfants et puis c’est une épreuve. Dans le reste de l’émission, ils ont pu exposer leurs idées », se défend Caroline Delage. « Il ne faut pas exagérer l’effet de ce genre d’émission, renchérit Stéphane Rozès. Et puis, nous sommes en 2017, plus dans les années 1960. Le général de Gaulle et François Mitterrand se seraient peut-être prêtés à cet exercice. » Un exercice qu’a refusé Marine Le Pen malgré les sollicitations appuyées de la production. « Et pourquoi participerait-elle à cette émission ? », répondent des cadres du Front national.

Après quelques minutes passées dans une école, il est temps de faire le bilan. Après le conseil des ministres, le conseil des classes. Qui s’en sort le mieux ? Jean-Luc Mélenchon, en hussard très IIIe République, et Emmanuel Macron, le professeur moderne (sans cravate) qui se met au niveau des enfants, apparaissent les plus à l’aise. Benoît Hamon et François Fillon ont réussi leur passage, bien que plus guindés. L’émission, elle, devrait fonctionner. Si elle est un succès, elle pourrait revenir. Les candidats se sont même, paraît-il, engagés à revenir s’ils sont élus président. Un chef de l’État interrogé à la télévision par des enfants, là, oui, ce serait une première !

Trump – Merkel : un dialogue de sourds ?

L’Europe avait les yeux braqués sur le Bureau ovale ce vendredi. Le tête-à-tête, initialement prévu mardi, mais reporté à cause d’une tempête, était attendu avec curiosité des deux côtés de l’Atlantique : le président américain Donald Trump a reçu la chancelière allemande Angela Merkel avec la volonté de mettre en avant la solidité des liens entre les deux pays alliés après une série d’échanges tendus. Une conférence de presse a suivi cette rencontre, révélant jusqu’où – et sur quel ton – la chancelière, figure centrale de l’Union européenne, se démarquerait du nouveau locataire de la Maison-Blanche.

Après un petit moment de flottement dans le bureau ovale, Donald Trump refusant de serrer la main d’Angela Merkel devant les photographes, les deux chefs d’État se sont entretenus avant de donner une conférence de presse. Le président américain a commencé par assurer Angela Merkel de son « fort soutien » à l’Otan. Sur la guerre en Ukraine, il a dit apprécier les efforts de la chancelière « pour résoudre le conflit en Ukraine, où, idéalement, nous cherchons une solution pacifique ». Les États-Unis avaient renouvelé jeudi leur condamnation de l’occupation de la Crimée par la Russie et demandé que cette annexion prenne fin immédiatement.

Immigration et libre-échange

Donald Trump s’est aussi exprimé sur l’accueil des immigrés, sujet sur lequel les deux dirigeants ont des positions opposées. L’immigration est « un privilège, pas un droit », a déclaré le président américain en présence d’Angela Merkel, dont il a salué l’implication dans la lutte antiterroriste. « La sécurité de nos citoyens doit toujours passer en premier. Sans aucun doute », a ajouté le président républicain.

Le président américain a aussi affirmé qu’il n’était « pas isolationniste » en matière de commerce, mais partisan d’un commerce « équitable ». « Je ne suis pas un isolationniste, je suis un partisan du libre-échange mais aussi du commerce équitable, et notre libre-échange      a conduit à beaucoup de mauvaises choses » en termes de dette et de déficits, a déclaré le dirigeant américain. La dirigeante allemande a elle dit « espérer » la reprise des négociations commerciales entre l’UE et les Etats-Unis. Elle a également souligné que le « succès des Allemands » sur le plan de l’économie mais aussi sur les questions de sécurité      et de paix » allait de paire avec « l’intégration européenne ». C’est « quelque chose dont je suis profondément convaincue », a      dit Angela Merkel, selon sa traductrice. « Je crois d’autre part que la mondialisation doit être façonnée avec un esprit ouvert », a poursuivi la chancelière.

Après de durs propos sur les positions commerciales de Berlin, le président américain a tendu un rameau d’olivier en assurant      que sur ce point, « avec l’Allemagne, je crois que nous allons véritablement bien fonctionner ». « Je dois dire que les négociateurs allemands ont fait un bien meilleur travail que les Etats-Unis mais j’espère que nous allons      revenir à égalité », a-t-il ajouté. « Nous ne recherchons pas la victoire, tout ce que je veux c’est de l’équité. L’Allemagne s’en est très bien sortie dans ses      accords commerciaux avec les Etats-Unis et c’est tout à leur honneur, et je peux parler d’autres pays, la Chine, virtuellement      n’importe quel pays avec lequel nous faisons des affaires, ce n’est pas vraiment ce qu’on pourrait décrire comme bon pour      nos travailleurs », a poursuivi Donald Trump, qualifiant à nouveau l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) entre les      Etats-Unis, le Mexique et le Canada de « désastre ».

L’OTAN au coeur des préoccupations

« J’ai redit à la chancelière Merkel mon fort soutien à l’Otan tout comme le besoin pour nos alliés de l’Otan de payer leur      juste part pour la défense » de l’alliance, a déclaré Donald Trump. La dirigeante allemande a pour sa part assuré que « l’Allemagne devait augmenter ses dépenses » dans l’Otan. « Nous nous engageons      aujourd’hui à cet objectif de 2 % (du produit intérieur brut, NDLR) jusqu’en 2024 », a-t-elle déclaré. « L’an dernier, nous avons augmenté nos dépenses de défense de 8 % et nous allons travailler à nouveau là-dessus », a ajouté      la chancelière. Lors d’un entretien téléphonique en janvier, Donald Trump et Angela Merkel avaient souligné « l’importance fondamentale de l’Otan ». Pendant sa campagne, Donald Trump s’était pourtant montré très critique envers l’Alliance atlantique, qu’il avait qualifiée      d' »obsolète ». Il reproche régulièrement aux alliés de ne pas porter leur part du fardeau financier.

Ecoutes et espionnage

Le président américain a réaffirmé qu’il n’accusait pas le Royaume-Uni de l’avoir espionné, après des      allégations contre les services secrets britanniques que son porte-parole a semblé reprendre à son compte. Il a également plaisanté avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui se tenait à ses côtés, en disant qu' »en matière      de mise sur écoute par la précédente administration, au moins nous avons peut-être quelque chose en commun ». Donald Trump a accusé      sans preuve son prédécesseur Barack Obama de l’avoir mis sur écoute, tandis qu’en 2013 l’ancien consultant de la NSA Edward      Snowden avait révélé à l’automne 2013 que le téléphone portable de Angela Merkel avait été mis sur écoute par l’agence de renseignement      américaine.

À la une ce vendredi 17 mars…

Europe– La visite promet d’être médiatique. François Hollande reçoit le duc et la duchesse de Cambridge au Palais de l’Élysée vendredi après-midi.

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Politique – Fin du dépôt de parrainages pour l’élection présidentielle au Conseil constitutionnel. Les candidats Philippe Poutou, Jacques Cheminade et Jean Lassalle n’ont pas encore obtenu les 500 soutiens qui leur permettront d’accéder à la course à l’Elysée.

Culture – Cérémonie de remise de insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur à Michel Bouquet, en présence de François Hollande et de la ministre de la Culture Audrey Azoulay.

Football – FC Barcelone, Real Madrid, Bayern Munich : les trois cadors de la Ligue des champions vont-ils se croiser dès les quarts de finale ? Réponse lors du tirage au sort à Nyon en Suisse, au siège de l’UEFA, ce vendredi à partir de 11h00.

Coignard – Fillon : conduite sur glace

Ça y est, c’est fait. François Fillon a été mis en examen, avec 24 heures d’avance, une perspective qu’il avait esquissée dès le mercredi 1er mars pour mieux la transformer en non-événement au moment où elle surviendrait. Mission accomplie.

Il reste néanmoins au candidat de la droite, par ailleurs pilote émérite, au moins cinq chicanes à éviter sur le parcours qui mène à l’élection, s’il veut arriver en bon état au stand. Tout d’abord, le ridicule qui résulte du décalage entre l’image de probité véhiculée pendant toute la campagne de la primaire, la main sur le cœur, et celle qui persiste a…

Emmanuel Macron : « Marine Le Pen c'est un mensonge sur pattes »

La phrase est signée Emmanuel Macron. Ce lundi, le candidat d’En Marche ! à la présidentielle a qualifié la candidate frontiste de « mensonge sur pattes » quand Marine Le Pen promet aux agriculteurs qu’ils iront mieux avec la sortie de l’euro, de la politique agricole commune et de l’Europe. « Marine Le Pen, c’est un mensonge sur pattes parce que ce qu’elle propose, c’est de dire : +nous, on va sortir de la mondialisation, mais tous les autres, c’est des imbéciles, ils vont continuer à acheter français+ », a estimé Emmanuel Macron sur le plateau de Quotidien sur TMC.

Sur l’Europe et sur la PAC, Emmanuel Macron répond à Marine Le Pen. #Quotidienpic.twitter.com/iyUulMO56E

— Quotidien (@Qofficiel) 13 mars 2017

« Quand Marine Le Pen va voir des agriculteurs (…) et leur dit +moi je vais sortir de l’euro, sortir de la PAC, sortir de l’Europe+. C’est super, ça peut en rassurer certains », a jugé Emmanuel Macron. « Mais les agriculteurs, ils vendent à qui ? Selon les filières, ils exportent entre 40, 50, 60 % » de leur production, a argumenté cet ancien ministre de l’Economie. « Vous pensez que les pays à qui on va dire +c’est fini, maintenant on a une patte française, vous n’exportez plus vos denrées, vos yaourts, votre viande, on ne veut plus les voir+, vous pensez qu’ils vont acheter notre lait ? Que le camembert, le fromage au lait cru français, on va continuer à l’exporter ? », s’est agacé le candidat. Et d’ajouter : « Mais c’est fini ! ». Emmanuel Macron a souhaité que tous ceux qui « sont dans cette situation se le représentent: elle (Marine Le Pen) va créer du chômage ».

Souriez, vous êtes filmé

Nous aurons mis le temps, mais enfin, ça y est, la France a fait un pas en avant : depuis ce mercredi, les contrôles d’identité doivent être systématiquement filmés dans 23 zones de sécurité prioritaires du pays. Les policiers et gendarmes sont dotés de quelques 2600 caméras portatives. Figurent notamment parmi ces sites des ZSP en Île-de-France, comme des départements comme la Haute-Garonne.
Ce n’est pour l’heure qu’un ballon d’essai, qui fait par ailleurs l’objet d’un décret qu’il reste à valider par le Conseil d’Etat. Mais c’est quand même une excellente initiative. Ce principe est employé depuis pas mal de temps dans de nombreux pays, et a bien des fois prouvé son importance. Le but de ce système est d’apaiser les esprits des deux côtés de la barrière : les policiers peuvent ainsi prouver qu’ils ont agi dans les règles, et les citoyens sont en mesure de prouver leurs dires si un abus est commis. C’est vraiment un système favorable aux deux parties. En outre, cette procédure permet de faire l’économie d’une longue description textuelle, ce qui réduit considérablement la pesanteur administrativeEt peut-être que d’ici deux ou trois ans, nous n’aurons pas nous aussi une émission de télé-réalité montrant les interventions de nos chers policiers ?A l’issue de l’année, la police et la gendarmerie présenteront un rapport pour mesurer l’impact de ce procédé sur les interventions. Si ce dispositif est validé, des interventions comme celles de Théo en février dernier devraient donc ne plus être possibles. Ce projet devrait soulager considérablement les policiers et les citoyens des ZSP ! Cela dit, le policier peut oublier de déclencher le dispositif avant une intervention. Mais il faudrait être sacrément distrait.

Revenu universel : Hamon se veut le candidat de « la feuille de paie »

Benoît Hamon, était l’invité de L’Émission politique sur France 2 ce jeudi soir. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle, a dit vouloir attaquer « la feuille de paie » et augmenter le salaire net grâce à son projet de revenu universel, qu’il a modifié pour les 18-25 ans. Interrogé sur la mise en place de sa proposition de revenu universel, Benoît Hamon a déclaré vouloir « d’abord proposer une étape qui permet à 80 % des salariés français, des travailleurs indépendants, des commerçants, artisans, de voir leur travail revalorisé par un gain net sur la feuille de paie ». « J’attaque la feuille de paie, j’augmente le salaire net », a martelé le candidat socialiste, comme en écho à son ancien rival de la primaire et désormais soutien Arnaud Montebourg, qui s’était posé en « candidat de la feuille de paie » durant la primaire.

Concrètement, Benoît Hamon souhaite « que les 18-25 ans et l’ensemble des salariés » touchant « jusqu’à 1,9 SMIC perçoivent un revenu universel ». Son montant « sera de 600 euros quand on n’a rien », et sera « dégressif » pour ceux percevant un revenu « jusqu’à 1,9 SMIC ». En janvier, Benoît Hamon comptait attribuer ce revenu universel à l’ensemble des 18-25 ans, sans conditions de ressources, « pour favoriser leur insertion sociale et professionnelle ». Selon sa proposition présentée jeudi, « la conséquence sur la feuille de paie », pour « un couple au Smic » sera de « 386 euros » nets mensuels, a argumenté le député des Yvelines. « Pour un étudiant qui travaillerait un jour sur cinq, le gain net sera de 500 euros » par mois, a-t-il poursuivi.

« Conférence citoyenne »

Benoît Hamon a chiffré la mise en place de cette première étape à « 35 milliards d’euros », « en-deçà du pacte de responsabilité et du CICE », instaurés par François Hollande et d’un coût d’environ 41 milliards d’euros. « Derrière, il y a d’autres étapes », a souligné Benoît Hamon, désireux d’installer « une conférence citoyenne, sociale, pour en discuter ». Cette conférence « peut discuter de l’élargissement de ceux qui seront les bénéficiaires. Doit venir demain l’étape qui permettra le versement du revenu universel aux retraités », a-t-il ajouté, se défendant d’avoir changé en cours de route le calendrier d’application de cette proposition qui a marqué lors de la primaire PS élargie. « Trouvez une déclaration de Benoît Hamon qui disait pendant les primaires qu’il s’engageait pour autre chose que cette première étape », a lancé ce député des Yvelines et ancien ministre.

Le ras-le-bol de BFMTV et RMC face aux accusations de Marine Le Pen

C’était l’accusation de trop. La chaîne d’information en continu BFMTV et la radio RMC, toutes deux sous l’égide du groupe NextRadioTV, ont dénoncé dimanche de nouvelles accusations de la candidate du Front nationalMarine Le Pen, selon lesquelles ces antennes soutiendraient Emmanuel Macron du mouvement En Marche !. « Marine Le Pen, invitée ce matin, dimanche 5 mars, d’une émission politique sur BFMTV, a gravement mis en cause l’indépendance des rédactions de BFMTV et RMC, en prétendant être la victime d’un complot », a relaté le groupe NextradioTV dans un « démenti catégorique ».

« C’est une énième tentative grossière et inacceptable de porter atteinte au travail de plus de 300 journalistes réunis au sein de deux rédactions, connues précisément pour leur indépendance », a dénoncé le groupe de Patrick Drahi. Pour NextRadioTV, « rien ne permet d’établir la moindre faille dans le traitement des différents candidats et pas davantage de soutien à l’un des candidats. Les chiffres de temps de parole sont régulièrement transmis au CSA et contrôlés ».

« Le chouchou des médias »

Invitée dimanche sur BFMTV, Marine Le Pen a affirmé qu’Emmanuel Macron était « le chouchou des médias » et que « les médias de Patrick Drahi, dont [fait partie] BFMTV, soutiennent Emmanuel Macron d’une manière éhontée ». Pour Marine Le Pen, ce « soutien » de la principale chaîne d’information en continu française envers Emmanuel Macron s’expliquerait par les liens entre le candidat et Patrick Drahi, qui détient, via son groupe Altice, 49 % de NextRadioTV. Selon la candidate frontiste, Emmanuel Macron, quand il était ministre de l’Économie, aurait permis à Patrick Drahi « en quelques jours d’obtenir ce qu’il voulait, c’est-à-dire de racheter SFR » en 2014.

« Bien sûr qu’il y a un soupçon de renvoi d’ascenseur, évidemment qu’il y a un soupçon de conflit d’intérêt, bien sûr et ça pose un énorme problème », a estimé Marine Le Pen, considérant que « c’est intéressant pour les Français de savoir ce qui se cache derrière les rideaux, ce qui se trame ». Marine Le Pen avait formulé en février des accusations similaires. Dans un communiqué séparé, la Société des journalistes de BFMTV a également souligné que « le traitement journalistique des candidats à la présidentielle se fait sur des critères journalistiques et non politiques ». « Laisser entendre, comme le fait Marine Le Pen, que notre travail serait orienté et différent d’un candidat à l’autre tient du pur fantasme », a ajouté la SDJ.

Affaire Fillon : les juppéistes quittent le navire

« Si vous comptiez voir un juppéiste au QG, c’est trop tard ! » lance Julien Miro, ancien conseiller jeunesse d’Alain Juppé pendant la primaire. Le président de 5 Ans pour des idées, think tank parrainé par Frédéric Salat-Baroux, vient, comme beaucoup d’autres, de quitter le navire Fillon. Sur Twitter, jeudi matin, il n’a pas mâché ses mots : « Cette campagne nauséabonde, aux relents d’années 30, ce sera sans moi. Alain Juppé est définitivement l’homme de la situation. » Le jeune lobbyiste n’a pas supporté le discours anti-juges et anti-médias de François Fillon. « Il y a un plan B, plaide-t-il. Et il s’appelle Alain Juppé. »

Cette campagne nauséabonde, aux relents d’années 30, ce sera sans moi. @alainjuppe est définitivement l’homme de la situation (2/2)

— Julien Miro (@JulienMiro) 2 mars 2017

C’est aussi ce que croient l’ex-porte-parole de Fillon Benoist Apparu, le maire d’Angers Christophe Béchu et celui du Havre Édouard Philippe, qui viennent d’annoncer leur retrait de la campagne du candidat de la droite dans un communiqué.

Le communiqué des 3 juppeistes Apparu, Philippe et Bechu qui quittent la campagne pic.twitter.com/DMkWOqH6fT

— LaureEquy (@LaureEquy) 2 mars 2017

Le juppéiste Pierre-Yves Bournazel a également annoncé qu’il ne soutiendrait plus le candidat de la droite. Pour l’élu du 18e arrondissement, la manifestation organisée dimanche a été l’élément déclencheur. L’événement fait à ses yeux « le jeu du populisme et de Marine Le Pen ». « J’appelle à un sursaut collectif pour éviter une défaite cuisante de la droite et du centre au premier tour et pour éviter notre dispersion après le 7 mai », a-t-il expliqué au Point.fr. Bournazel, qui « ne se résout pas à la victoire de Marine Le Pen », va parrainer Alain Juppé, « l’homme de la situation », dès maintenant.

SUIVEZ notre direct Affaire Fillon : la fronde s’organise

Du côté des salariés, le directeur adjoint de la campagne, Vincent Leroux, est déjà parti, avec les autres juppéistes de l’équipe Fillon. Du côté des élus, Fabienne Keller, sénatrice-maire de Strasbourg et ex-porte-parole de Juppé, a également claqué la porte mercredi. Aujourd’hui, elle lance un appel au maire de Bordeaux et fait circuler une tribune chez les sénateurs pour obtenir le retrait de Fillon.

D’autres juppéistes ont bien failli partir avec elle mercredi, comme le sénateur de l’Yonne Jean-Baptiste Lemoyne et l’élu de Roscoff Maël de Calan (qui partageait son bureau avec Julien Miro pendant la campagne). Ces trentenaires réfléchissent à une solution pour sortir par le haut, mais de manière groupée.

La course aux parrainages

Depuis les premiers ennuis judiciaires de Fillon, la consigne était : « On ne dit rien, on laisse l’opportunité Juppé venir. » Désormais, ces jeunes élus ne tiennent plus. La manifestation organisée dimanche au Trocadéro a été pour beaucoup l’événement de trop. « On ne gagnera pas une voix avec ce genre de méthodes, c’est faire le jeu du populisme et de Marine Le Pen », dénonce Bournazel, qui n’hésitera pas à parrainer Alain Juppé.

« Si on commence à dire : Les juppéistes organisent la relève, on déclenche la guerre civile ! » craint un ancien soutien du maire de Bordeaux. Il n’empêche, en coulisse, les juppéistes s’activent et sont bien en train de parler organisation : récolter les 500 parrainages fait partie des priorités. « Si Fillon est amené à renoncer, il ne faudrait quand même pas qu’on se retrouve sans candidat à la présidentielle le 17 mars… » souligne un juppéiste. De son côté, l’ex-sarkozyste Georges Fenech s’y emploie.

Il faut aussi trouver l’argent pour faire campagne : « Ce qui n’est pas un petit détail », précise un autre juppéiste. Les équipes sont prêtes, le projet est prêt, assure-t-on. Juppé, lui aussi, est prêt. Jusqu’ici, Fillon est encore candidat…

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Agacés, les magistrats et la police répondent à Marine Le Pen

« Les magistrats sont là pour appliquer la loi, pas pour l’inventer », lançait Marine Le Pen dimanche devant son public nantais. Empêtrée dans une affaire d’emplois fictifs présumés, la candidate du Front national a tenu des propos cinglants envers le corps judiciaire et les fonctionnaires, faisant bondir François Hollande lundi. Mais pour la présidente du Syndicat de la magistrature Clarisse Taron, interrogée par France Info, « ce sont des pratiques et un discours qui ne sont pas surprenants de la part du Front national ».

« Pressions » et « menaces à peine voilées »

La représentante des magistrats a notamment dénoncé des « menaces à peine voilées » formulées par la candidate frontiste. « Il s’agit d’exercer par ces menaces ni plus ni moins que des pressions sur l’institution judiciaire, qui va à l’encontre de ce qu’elle dénonce », a-t-elle poursuivi. « Je crois que si l’on veut une justice sereine, on doit se garder de ce genre de propos », assène-t-elle ensuite.

Clarisse Taron répond aux « menaces à peine voilées » de M. Le Pen « si on veut une justice sereine, on doit se garder de ce genre de propos » pic.twitter.com/uo2XiJOTsx

— franceinfo (@franceinfo) 27 février 2017

Invoquant des « manoeuvres de déstabilisation de la justice » dans un communiqué publié plus tard dans la journée, le Syndicat de la magistrature a insisté : « Rétifs à l’égalité devant la loi, certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c’est par l’intimidation qu’ils veulent l’imposer. Convoquée mercredi pour être entendue par les enquêteurs dans l’affaire des assistants d’eurodéputés de son mouvement, Marine Le Pen a refusé de s’y rendre. Et dans un discours virulent prononcé dimanche à Nantes, la présidente du FN a appelé les magistrats à ‘ne pas contrecarrer la volonté du peuple’ ».

Amer, le syndicat poursuit : « Au mépris affiché pour la justice viennent de s’ajouter des menaces édifiantes : après avoir refusé de se rendre à sa convocation, Marine Le Pen promet, si elle accédait au pouvoir, de demander des comptes aux policiers et aux juges en guise de représailles. » Le groupement déplore enfin : « Que l’autorité judiciaire ose faire son travail, enquêter sur les infractions à la loi pénale qui lui ont été dénoncées, constitue pour eux un crime de lèse-candidat ».

La police nationale s’insurge

Sur ce point, le Syndicat de la police nationale Alliance a lui aussi vivement réagi dans un communiqué ce lundi et « dénonce la gravité de ces propos menaçants ». Le syndicat « rappelle que les policiers quels que soient leurs services et leurs missions travaillent en toute impartialité et selon les lois et règlements en vigueur fixés par le législateur », peut-on lire. Au micro de France Info, la présidente du Syndicat de la magistrature a conclu : « Si on veut une classe politique irréprochable, on doit en premier lieu se conformer à cet idéal. »