Philippe Bilger est clairement en désaccord avec la déclaration de Daniel Cohn-Bendit. « Les peuples n’ont pas toujours raison. » La phrase de l’ancien député européen faisait référence à la montée en puissance des partis d’extrême droite européens. Pour Philippe Bilger, l’ex-eurodéputé est critiquable sur ce point : peut-on légitimement assimiler un vote pour un parti extrémiste et celui pour le nazisme. Et l’ancien magistrat de s’interroger : comment comparer ce qui s’est passé en Allemagne avec la situation actuelle, et des démocraties européennes telles que la Hongrie et la Pologne ? Ces deux pays, au sein desquels le vote en faveur des partis extrémistes ne cesse effectivement de croître, sont clairement visés par la déclaration de Daniel Cohn-Bendit. Pour Philippe Bilger, « cette argumentation est discutable, voire de mauvaise foi ». Quel qu’en soit le résultat, qu’il nous plaise ou non, le vote démocratique d’un peuple peut certes être discuté, mais ne « peut être méprisé ».
Auteur : admin4628
Sarkozy: « dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois »
« Je serai le président de l’action, je n’accepte pas les 238 morts », victimes des attentats depuis janvier 2015, a déclaré Nicolas Sarkozy lundi à Franconville (Val d’Oise). Il promet de mener « une guerre impitoyable » au terrorisme islamiste. « Je n’accepterai pas les comportements moyenâgeux qui veulent qu’un homme se baigne en maillot de bain, quand les femmes sont enfermées » dans des burkinis, a-t-il également affirmé.
Pour le candidat à la primaire de la droite pour 2017, à partir du moment où l’on devient français, « l’on vit comme un Français et nos ancêtres sont les gaulois », lundi à Franconville (Val d’Oise). L’ex-chef de l’Etat a également dénoncé « l’islam extrémiste et politique », dont le but est de « provoquer la République », lors d’une réunion publique.
« Président de la communauté nationale »
Dénonçant à nouveau « la tyrannie des minorités », il a assuré que s’il gagnait en 2017, il serait « le président de la communauté nationale car en France, la seule communauté qui vaille est la communauté française ». « Si l’on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. Nous ne nous contenterons plus d’une intégration qui ne marche plus, nous exigerons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. +J’aime la France, j’apprends l’histoire de France, je vis comme un Français », doit se dire celui qui devient français, a-t-il ajouté.
« La situation de la France est grave. C’est un combat extraordinairement difficile. Nous avons à combattre la gauche, qui fera de moi son adversaire habituel, nous avons à combattre l’extrême droite qui fera de moi son adversaire privilégié. Elle a compris que j’étais le plus dangereux », a-t-il également déclaré.
Selon lui, il faut « combattre la pensée unique dans ce qu’elle a de plus insupportable (…) Si on dit que l’islam pose un problème d’intégration, comme à l’époque, les catholiques ont posé un problème à la République, on est islamophobe. C’est insupportable. Si on dit qu’on ne peut plus continuer avec l’immigration (…) alors on est traité de raciste. C’est insupportable ». « Quand on dit qu’on n’est pas de gauche, on se demande si vous avez un coeur qui bat. Si vous avez des questions à me poser, France Télévisions, posez-les! », a-t-il ironisé, faisant allusion à L’Emission politique, sur France 2, dont il a été le premier invité jeudi. « Je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse », a-t-il ajouté, sous les applaudissements du public.
Virtualité monégasque
La semaine dernière, lors d’un incentive à Monaco, j’ai eu l’occasion de tester un casque de réalité virtuelle. Traitez-moi d’amish, mais je n’avais encore jamais testé cette technologie. Et je dois dire que j’ai été complètement bluffé par la chose. Et moi qui regardais l’arrivée de ces fameux casques de loin, voilà que je commence à regarder tout ça de plus près. J’ai longtemps cru que cette technologie était un peu gadget. Tout comme mes collègues, d’ailleurs. Mais croyez-moi, si vous n’avez jamais testé la réalité virtuelle, vous allez avoir un choc. C’est tellement réel que c’en est troublant. Non pas au niveau du graphisme, car on voit bien qu’il s’agit d’un environnement artificiel. Mais la sensation d’immersion est si forte que vous avez véritablement l’impression d’être dans cette réalité. Une fois que l’expérience commence, un déclic semble se faire dans le cerveau : ce dernier considère ce qu’il voit comme la réalité. Nous avons pu faire plusieurs expériences très différentes, et notamment une démo de jeu d’horreur à la première personne : il fallait se promener dans un manoir très inquiétant où quelque chose rôdait. Ce n’était qu’un jeu mais tous ceux qui l’ont essayé ont pourtant réagi comme s’ils étaient véritablement en danger (cela a d’ailleurs donné lieu à des moments très amusants). Ce qu’on ressent avec un casque est clairement à des années-lumière de ce qu’on peut ressentir devant un écran traditionnel. Devant une télévision, le spectacle est en effet circonscrit dans un rectangle, autour duquel existe une réalité rassurante : le salon, le canapé, le chat qui fout ses poils partout… Mais avec la réalité virtuelle, la réalité est complètement zappée : vous vous retrouvez seul dans un autre monde, sans que la frontière virtuel / réel ne soit plus visible. C’est une technologie à la fois très inquiétante et incroyablement excitante. Mais en ce qui me concerne, elle est surtout excitante. Que ce soit pour cette expérience ou pour le reste, j’ai en tout cas bien apprécié ce voyage incentive à Monaco. Je vous mets en lien l’agence qui nous l’a proposé.
François Hollande s’inquiète de la montée des populismes
À Bratislava, François Hollande pense à 2017. S’il a invité à renouer le lien « entre les citoyens et l’Europe » et à lutter contre la montée des populismes, il a admis qu’il aurait comme d’autres dirigeants « à en rendre compte devant les électeurs », en 2017. Le président français a fait cette déclaration à l’issue d’un sommet européen à 27, aux côtés de la chancelière Angela Merkel lors d’une conférence de presse conjointe.
Les deux dirigeants doivent chacun faire face à une poussée de l’extrême droite dans leurs pays et se trouvent en mauvaise posture pour de prochains scrutins nationaux: présidentielle en mai 2017 en France, élections législatives en septembre en Allemagne. « Je ne crois pas qu’un Conseil européen soit de nature à changer le rapport pour l’instant des électeurs avec ceux qui les gouvernent. Ils jugent aussi sur d’autres résultats », a estimé le chef de l’Etat français, dont la politique économique et sociale est jugée très sévèrement par une majorité de Français. Selon un récent sondage, Hollande serait dans tous les cas de figure éliminé dès le premier tour de la présidentielle.
Un modèle de société
Mais « c’est important, non pas seulement par rapport aux échéances mais par rapport à notre propre responsabilité de retrouver le lien qui s’est distendu entre les citoyens et l’Europe », a-t-il plaidé. « Lorsque l’Europe est mise en cause c’est aussi la démocratie et ses valeurs qui peuvent s’en trouver affectées, abîmées », a-t-il fait valoir, visant les partis populistes qui « s’en prennent à l’Europe parce qu’ils veulent s’en prendre à un système de valeurs et à un modèle de société ». Hollande a admis qu’il aurait comme d’autres « à en rendre compte devant les électeurs ». « L’électeur s’intéresse seulement aux choses qui sont mises en oeuvre », a sobrement répondu Angela Merkel. « Pour cela, il faut se mettre d’accord sur les choses que l’on veut faire » et « c’est pour cela que c’était aujourd’hui un pas important, mais seulement un pas sur un chemin plus long », a-t-elle ajouté.
PS : Najat Vallaud Belkacem veut-elle la place de Jean-Christophe Cambadélis ?
On la disait prête à se présenter à la primaire de la gauche… Et si Najat Vallaud Belkacem préférait plutôt la tête du Parti socialiste ? C’est ce que révèle le site de RTL ce lundi. Selon lui, la ministre de l’Éducation envisagerait de briguer la tête du parti, actuellement occupé par Jean-Christophe Cambadélis. Et RTL d’insister : « Quand on pose la question à l’ancienne porte-parole du gouvernement, elle ne dément pas ».
Visiblement, la jeune femme compte même déjà quelques soutiens. L’un de ses collègues au gouvernement n’hésite pas à vanter les qualités de la ministre pour prendre les rênes du Parti socialiste. « Elle est populaire, c’est une femme et, surtout, elle est perçue par les militants comme étant de gauche », égrène-t-il à RTL.
Pas de candidature à la primaire ?
Pourtant, les rumeurs concernant une candidature de l’ancienne porte-parole du gouvernement à la primaire de la gauche allaient bon train depuis la fin du mois d’août. Selon Le Parisien, des proches de la ministre évoquaient sa participation si le président venait à y renoncer. « Najat, c’est la petite souris que personne ne voit venir, ils sont dans le mépris des femmes. Elle est jeune, elle est beur et elle a de bons sondages », confiait un ami du président au quotidien. Des rumeurs aujourd’hui démenties par RTL qui réfute une candidature de la ministre de l’Éducation, même si François Hollande n’est pas candidat.
Si la ministre espère la place de Jean-Christophe Cambadélis, elle ne serait visiblement pas la seule au sein du gouvernement. Invité de l’émission de Jean-Jacques Bourdin, le 31 août dernier, le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, avait assuré que l’actuel Premier ministre envisageait, lui aussi, de prendre la tête du Parti socialiste après l’élection présidentielle.
Suppression de postes à Alstom : Macron dénonce une décision « condamnable »
Macron nie toute implication dans la décision de l’entreprise française. L’ancien ministre de l’Économie juge, samedi dans L’Est républicain, la décision d’Alstom de fermer son site de Belfort « brutale et condamnable » et souligne qu’il n’en a jamais été question lors de ses discussions avec l’entreprise. « J’ai eu, régulièrement, au cours de mes fonctions de ministre, des relations avec les dirigeants d’Alstom. J’ai eu des échanges avec eux encore en juillet dernier, et il n’était absolument pas question de fermer Belfort », a expliqué Emmanuel Macron au quotidien régional, dénonçant une décision « soudaine, brutale et condamnable ».
Alors que l’État est actionnaire à hauteur de 20 % du capital d’Alstom, Emmanuel Macron explique avoir « mis la pression sur Alstom pour préserver l’emploi dans un contexte de surcapacité productive en France dans le ferroviaire ».
400 emplois créés… aux États-Unis
L’ancien ministre dit également ne pas croire à l’hypothèse selon laquelle Alstom chercherait à faire monter la pression pour inciter l’État à lui passer des commandes. « Tous les clients étrangers exigent désormais que la production se fasse au moins en partie chez eux. Alstom doit s’adapter, mais ne saurait le faire dans la précipitation et sans concertation », estime-t-il. Les 400 emplois créés par le contrat historique de 1,8 milliard d’euros décroché par Alstom le mois dernier aux États-Unis devraient ainsi être localisés dans l’État américain de New York, selon l’entreprise.
Le maire LR de Belfort, Damien Meslot, a écrit vendredi au président François Hollande pour lui demander d’intervenir auprès d’Alstom Transport afin d’« amener ses dirigeants à revenir sur leur décision » d’arrêter la production de trains dans l’usine de la ville d’ici à 2018. Dans cette lettre ouverte, le maire rappelle que le gouvernement s’était « engagé à maintenir le site de Belfort », lors de la visite d’Emmanuel Macron sur place, en mai 2015, demandant à François Hollande « de faire respecter la parole donnée par [son] gouvernement ».
Manuel Valls, footballeur pour la bonne cause
Le Premier ministre Manuel Valls s’est mué en footballeur amateur mercredi soir lors d’un match de charité du Variété Club de France au profit des militaires blessés au combat et des familles des soldats morts. Face à l’équipe des armées françaises, le chef du gouvernement, troquant le costume pour un maillot vert fluo floqué du numéro 9, a été titularisé en attaque aux côtés de l’ex-champion du monde Bixente Lizarazu et du chanteur M Pokora. Décrit comme un « joueur tonique à qui il faut donner d’excellents ballons dans la surface » par son entraîneur, le journaliste Jacques Vendroux, Manuel Valls, grand amateur de foot et inconditionnel du FC Barcelone, s’est heurté à la défense adverse, même si son équipe a rapidement pris l’avantage.
Deuxième mi-temps
S’il a eu du mal à échapper à la charnière centrale militaire, il s’est toutefois illustré par une jolie déviation à la 20e minute. Évoluant devant un milieu composé de l’ex-vainqueur du Mondial 98 Christian Karembeu et les ex-internationaux Pierre-Yves André et Bruno Cheyrou, le Premier ministre, 54 ans, s’est livré à un autoportrait modeste de ses talents de footballeur, se décrivant comme un « mauvais défenseur et un attaquant médiocre ». Le Premier ministre a joué avec l’équipe des armées en deuxième mi-temps.
« C’est un moment de plaisir et de solidarité avec les soldats blessés qui sont là, et un plaisir de jouer avec des stars du foot et pas que du foot », a-t-il dit. Les soldats « sont des garçons qui ont un courage extraordinaire et qui incarnent ce nouveau patriotisme dont le pays a besoin ». Pour ce match de deux mi-temps de 30 minutes qui se déroulait au stade Emile Anthoine au pied de la tour Eiffel, les ministres Bernard Cazeneuve et Jean-Yves Le Drian sont quant à eux restés dans les tribunes. Le match a permis de récolter 93 500 euros.
Philippe Péninque, l’ami utile de Jérôme Cahuzac
En soutenant, au premier jour de son procès, qu’il n’avait pas dissimulé des fonds en Suisse pour échapper au fisc, mais pour aider au financement des futures campagnes électorales de Michel Rocard, Jérôme Cahuzac a lâché le nom de son ami Philippe Péninque. Une publicité dont se serait bien passé cet avocat de 64 ans. C’est d’abord un homme fort discret. C’est surtout un militant d’extrême droite, aujourd’hui proche de Marine Le Pen, après avoir œuvré dans l’entourage de son père. Un soutien, même involontaire, à un ancien Premier ministre socialiste ne doit guère enthousiasmer l’ancien chef de file du Groupe union défense (GUD), un groupuscule étudiant d’extrême droite.
En effet, le 26 novembre 1992, ce n’est pas Jérôme Cahuzac qui ouvre le compte 556405 à l’UBS à Genève, mais Philippe Péninque. Le futur ministre du Budget n’a qu’une procuration sur ce compte, qui est crédité de 285 000 francs français, avant d’être débité de 125 240 francs le 16 décembre 1992. Un retrait effectué en liquide. Ce n’est que l’année suivante que Jérôme Cahuzac ouvre le compte 557847 à son nom, toujours à l’UBS. L’argent partira plus tard chez Reyl, toujours à Genève, puis prendra le chemin de Singapour en 2009. Mais n’est-il pas incongru de la part d’un rocardien de confier une tâche aussi délicate que l’ouverture d’un compte en Suisse non déclaré à un militant d’extrême droite ?
Un virement de 92 000 euros en 2006
Les chemins de Cahuzac et de Péninque sur les bords du lac Léman se croisent à nouveau en 2006. L’avocat fiscaliste est alors l’ayant droit économique d’un compte Artec Assets Corp., ouvert cette fois à la banque Edmond de Rothschild, toujours à Genève, le 24 février 2006. Un compte nettement mieux garni que celui de Jérôme Cahuzac, puisqu’il va peser jusqu’à 15 millions d’euros. Comme l’a révélé Le Point, Artec Assets Corp. vire 92 000 euros sur le compte détenu par Jérôme Cahuzac le 15 mai 2006. À quoi ce généreux virement correspond-il ? Aux magistrats qui l’interrogent l’ancien ministre socialiste explique que ces fonds « correspondaient au remboursement d’un prêt qu’il aurait consenti en espèces en 1994 ou 1995 [à Philippe Péninque, NDLR] ». De son côté, l’avocat confirme cette version. Curieusement, Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, habituellement fort pugnaces, ne remettent pas en doute ce scénario inhabituel. Met-on habituellement plus d’une décennie pour rembourser une dette à un ami ?
Pourtant, la justice française se garde bien de harceler les dirigeants de la banque Edmond de Rothschild afin de connaître les véritables activités d’Artec Assets Corp. et l’identité des propriétaires des fonds. Le cabinet d’avocats suisse qui a effectué les montages ne sera même pas interrogé. L’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel se contente de préciser que Philippe Péninque « a produit des documents justifiants d’importants transferts depuis son compte ouvert à la Bred à Paris vers le compte Artec en Suisse ». Selon un proche du dossier, Artec, société offshore, appartenait à trois personnes, et son activité aurait été liée à une affaire de bijouterie en or. Y avait-il un lien avec Jérôme Cahuzac ? On ne le saura vraisemblablement jamais. À moins que l’ancien ministre du Budget ne balance au tribunal dans les prochains une nouvelle « révélation ».
À La Baule, Alain Juppé trace sa route
Un petit tour et puis s’en va ! Arrivé à 13 heures à La Baule, le candidat à la primaire Alain Juppé en est reparti deux heures plus tard. Le temps de faire quelques selfies avec de jeunes supporteurs, de serrer quelques mains, y compris celles de ses adversaires François Fillon et Bruno Le Maire, de prononcer son discours et le voilà qui filait direction Bordeaux.
Le campus des Républicains ne semblait pas une priorité pour l’ancien Premier ministre, toujours favori des sondages malgré une remontée de Nicolas Sarkozy. Ses principaux lieutenants n’étaient d’ailleurs pas présents. Ni Édouard Philippe, ni Benoist Apparu (pourtant tous deux porte-parole), ni Jean-Pierre Raffarin (qui avait tapé fort le week-end dernier à Chatou), ni même Virginie Calmels n’avaient fait le déplacement. Pour son directeur de campagne, Gilles Boyer, ce n’est pas un problème. Celui qui se décrit comme « le bras gauche » d’Alain Juppé préfère « quadriller le terrain », « répartir les forces » plutôt que de rester groupé en toutes occasions. Il faut dire que Alain Juppé mise sur une primaire la plus ouverte possible, qui ne se limite pas aux seuls adhérents LR. Le maire de Bordeaux sait que son positionnement peut plaire aux centristes et aux « déçus du hollandisme » qu’il a clairement cherché à courtiser dans son discours samedi après-midi.
« Un peu fade, un peu tiède »
En chemise blanche, manches retroussées, sous un soleil de plomb, et visiblement en forme, il a rappelé que « tout le monde (pouvait) voter ». À la suite des attaques lancées par François Fillon et Nicolas Sarkozy le week-end dernier, Alain Juppé a voulu se présenter en maître zen. Il souhaite « un vrai débat, pas un mauvais pugilat », et a même plaidé pour un « code de bonne conduite ». « Le Bonze de Bordeaux » (comme on le surnomme) compte bien continuer à faire preuve de « sang froid et de sérénité », sûr que cette attitude plaira aux Français.
Pourtant, ici, de nombreux militants misent davantage sur l’énergie et l’outrance d’un Nicolas Sarkozy. Cette retraitée sarthoise, qui arbore une croix de Lorraine sur son chemisier, trouve Alain Juppé « un peu fade, un peu tiède ». Son voisin d’Avrillé, lui, est convaincu que les Français ont besoin d’un « bulldozer » comme l’ancien président.
Qu’importe, Alain Juppé trace sa route, plus décontracté que jamais, et déroule son programme. « On ne va pas changer de stratégie maintenant, ça n’aurait pas de sens, assure Christophe Béchu, le maire d’Angers et soutien de Alain Juppé. La primaire ne doit pas être une foire aux promesses, nous resterons sur une ligne raisonnable. » Entre raison et passion, certains militants hésitent encore…
À Detroit, Trump promet des emplois à la communauté noire
En difficulté dans les sondages, le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump tente de s’attirer la sympathie d’un électorat plutôt favorable à sa rivale, Hillary Clinton. En déplacement dans une église de Detroit, ce samedi 3 septembre, il s’est tourné vers les Afro-américains, promettant des emplois et de l’espoir à une communauté qui le regarde avec grande méfiance.
« Je vais faire bouger les choses pour vous »
« Je suis ici pour écouter votre message », a-t-il lancé, dans une allocution à la tonalité apaisée, ponctuée d’un « nous sommes tous frères et soeurs », contrastant singulièrement avec celle de ses meetings de campagne. En difficulté dans les sondages à l’approche de l’élection présidentielle de novembre, l’homme d’affaires de New York tente depuis quelques semaines de tendre la main à cette partie de l’électorat qui vote traditionnellement très largement démocrate et à laquelle il n’avait jusqu’ici prêté que peu d’attention. Selon un sondage USA TODAY/Suffolk University publié jeudi, il ne recueille le soutien que de 4% des électeurs noirs.
Insistant sur le droit de vivre en sécurité avec « un emploi bien payé », le milliardaire a promis de faire de la politique autrement et de reconstruire Detroit, la ville qui a fait faillite, avec « des usines partout, des écoles ». « Je vais faire bouger les choses pour vous », a-t-il assuré, évoquant « les magasins fermés, les gens assis sur le trottoir, sans emploi, sans activité ». Il a ensuite rejoint l’assistance, tentant de suivre le rythme de la musique.
« Trump n’aura pas ma voix »
Pendant ce temps, une centaine de manifestants s’étaient rassemblés devant l’église où s’est exprimé le magnat de l’immobilier en présence notamment de son ex-rival aux primaires, le neurochirurgien à la retraite Ben Carson, qui était le seul candidat noir en course. « Trump n’aura pas ma voix », pouvait-on lire sur l’un des panneaux brandis dans la foule.
La fermeture des usines de production automobile à partir des années 70 a eu des effets dévastateurs sur la ville où des quartiers entiers restent dans un état de délabrement avancé. « C’est la classe moyenne noire qui a le plus souffert », souligne Reynolds Farley, professeur à l’Université du Michigan qui étudie l’évolution de la population de la ville. Dans l’ancienne « Motor City », nombre d’Afro-américains reconnaissent que leurs conditions de vie ont peu évolué au cours des deux mandats de Barack Obama, premier président américain noir de l’histoire mais rares sont ceux qui sont prêts à se laisser convaincre par l’offensive tardive du candidat septuagénaire. « Nous avons étudié le programme du parti républicain et l’avons trouvé insuffisant. Nous avons écouté son candidat et l’avons trouvé révoltant », explique ainsi Eric Williams. Pour celui qui anime des ateliers destinés à aider les petits entrepreneurs noirs au sein de la Wayne State University « il n’y a absolument rien que Donald Trump puisse faire pour améliorer son image au sein de la communauté afro-américaine ».
La sincérité de Trump mise en doute
Car au-delà du programme, la personnalité et les prises de position passées de Trump suscitent de vives réticences. Bien avant de se lancer dans la course à la présidence, le magnat de l’immobilier avait pris la tête d’une campagne aux relents racistes visant à remettre en cause la nationalité américaine de Barack Obama en mettant en doute la validité de son certificat de naissance. « Nous n’avons pas oublié cela », dit Eric Williams. « Cela en dit long sur cet homme ». Parmi les manifestants Charelle juge « absurde » d’imaginer que Trump ait véritablement la volonté de répondre aux inquiétudes de sa communauté : « C’est juste un prétexte pour faire des photos et dire : ‘Regardez, je ne suis pas raciste !' ».
Pour David Bullock, militant des droits civiques et candidat au conseil municipal de la ville, Hillary Clinton a un avantage décisif sur Trump: « Elle a bâti sur la durée une relation de confiance avec les représentants de la communauté noire ». Plutôt que de faire basculer des votes en sa faveur, tâche qui s’annonce ardue, la stratégie du milliardaire pourrait consister à convaincre – discours sombre à l’appui – une partie de cet électorat de rester chez elle le 8 novembre. « Du point de vue de Trump, (cette visite) a sa logique. Mais nous savons qu’il ne s’agit pas d’aider Detroit », assure David Bullock.